Un homme est mort, de Kris et Étienne Davodeau

Une bande dessinée qui ne passera pas à l’histoire

Un film militant tourné en Bretagne, version bédé

Brest, 1950. C’est la dèche. La classe ouvrière ne peut plus accepter servilement leurs conditions de travail.

Dans un décor ravagé par la Deuxième Guerre mondiale, le port de Brest nécessite un sérieux réaménagement et les 7 000 ouvriers tentent en vain de se faire respecter. Faute de succès, le syndicat déclare la guerre au Ministère de la Reconstruction du Bâtiment et fait appel aux services de René Vautier, cinéaste franc-tireur.

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René Vautier derrière sa fidèle caméra 16mm

« Un homme est mort qui n’avait pour défense que ses bras ouverts à la vie
Un homme est mort qui n’avait d’autre route que celle où l’on hait les fusils
Un homme est mort qui continue la lutte contre la mort, contre l’oubli
Car tout ce qu’il voulait, nous le voulions aussi.
Nous le voulons aujourd’hui. »

L’extrait du poème que Paul Éluard a écrit en hommage au résistant Gabriel Péri sert ici de trame narrative à la lutte syndicale que mènent les ouvriers du port de Brest. Sur fond de guerre civile, à une époque où les droits des travailleurs n’existaient pas (pensons à la lutte de Michel Chartrand au Québec), René Vautier a pour mission de filmer et documenter cette lutte afin de faire comprendre le point de vue syndical aux autorités.

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Une lutte inégale...
Planche tirée d’Un homme est mort

C’est le but avoué d’Un homme est mort. La mise en scène de la situation ouvrière à Brest n’est devenue importante qu’en second lieu, pour le contexte. Le tournage, et la présentation devant public, reste donc l’histoire principale de cette bande dessinée, et le résultat est d’ailleurs intéressant ! Je ne peux que saluer l’effort de scénarisation mené conjointement par Kris et Étienne Davodeau.

Le dessin, par contre, ne m’impressionne pas vraiment. Il est terne, probablement voulu vieillot... Chose que je comprends, sans nécessairement m’en réjouir. Une bédé historique n’a pas à être faussement blafarde pour autant, à mon humble avis. Le propos reste honorable, et utile au demeurant. Et quoi de mieux qu’une bande dessinée pour relater les faits ? Un documentaire, peut-être, mais ça a déjà été fait. C’est la raison d’être de cette bédé, vous vous souvenez ?

Un Homme est mort
Scénario : Kris & Étienne Davodeau
Dessin et couleurs : Étienne Davodeau
Publié en octobre 2006 aux éditions Futuropolis
64 pages en couleur + un dossier historique

mardi 12 juin 2007, par François Gélinas

Créé, géré, édité et bidouillé par David Lamarre. Tous droits réservés (2008)