Transformers

Michael Bay a brisé mes jouets

Si la destruction était poésie, Transformers serait les Fleurs du mal du cinéma. Malheureusement...

Un film de Michael Bay, avec Shia LaBeouf, Megan Fox, Josh Duhamel, Tyrese Gibson, Jon Voight, John Turturro, Peter Cullen et Hugo Weaving. États-Unis, 2007, 144 min.

L’idée d’adapter Transformers, la série télé culte des années 80 (elle-même pensée pour vendre une collection de jouets), en film peut sembler absurde pour plusieurs, mais pas pour Michael Bay. Le réalisateur qui manie mieux les explosifs que la caméra semble être le choix évident, sinon idéal, pour mener une tache aussi ingrate sur nos écrans. Quand notre portfolio inclus des titres tels Bad Boys, The Rock, Armageddon, Pearl Harbor, Bad Boys II et The Island, il semble en effet presque logique d’enchaîner avec des robots géants qui se tapent dessus sans fin.

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Optimus Primus

Dans Transformers, deux groupes rivaux de robots extraterrestres débarquent sur Terre pour retrouver le Allspark, une relique aussi puissante que primordiale à la survie de leur espèce. Les méchants Decepticons infiltrent les systèmes informatiques de l’armée américaine pour retrouver leur chef, Megatron, qui s’est écrasé sur Terre il y a plusieurs milliers d’années et dont ils sont sans nouvelles depuis. Plus subtils, les gentils Autobots envoient un des leurs, Bumblebee, sous la forme d’une vieille Camaro défraîchie, veiller sur Sam Witwicky (Shia LaBeouf), le descendant d’un explorateur de l’arctique qui possède sans le savoir, une carte menant à l’objet convoité. Quand les Decepticons découvrent aussi l’identité de Sam, la course commence et les morceaux de robots se mettent à tomber.

Si Michael Bay maîtrise les scènes d’actions comme personne, il en va tout autrement de la direction d’acteur, dont il semble ne savoir que faire. Shia LaBeouf (Disturbia) tire néanmoins son épingle du jeu à travers une nébuleuse de prestations soporifiques, en incarnant avec désinvolture l’adolescent dépassé à la fois par les évènements et par sa puberté. L’intrigue gravite cependant de façon trop forcée autour de son personnage, ce qui donne un récit peu convaincant à mi-chemin entre American Graffiti et *batteries not included. Et pour être franc, ce qu’on veut voir, ce sont des robots qui se martèlent la gueule, pas un adolescent mal testostéroné qui se la joue dans une bagnole ringarde.

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Megatron

L’installation de Transformers, qui s’étire sur la moitié des 2h24 que dure le film, regorge de clichés, de situations risibles et de dialogues pâteux, prouvant sans l’ombre d’un doute que Bay s’ennuie ferme quand rien n’explose dans son cadre. Le scénario ne s’embête pas trop du concept de « réalité » et le tout n’est que prétexte aux scènes d’actions, sommes toutes assez réussies. Avec une prémisse d’une telle énormité, et un sous-texte mercantile aussi évident, ce résultat n’est peut-être pas trop étonnant, mais il reste navrant que les scénaristes Roberto Orci et Alex Kurtzman n’aient pas trouvé de filons plus intéressants à développer. Eux, qui nous avaient pondu l’excellent Mission : Impossible III en 2006 et de très solides épisodes de Alias auparavant, ne semblent plus savoir quoi faire sans la tutelle de J.J. Abrams, avec qui ils referont (heureusement) équipe pour le scénario du nouveau Star Trek.

Bay semble avoir perdu son trépied de caméra et sa steadycam, tellement certains passages sont cahoteux et il est souvent ardu de distinguer quoi que ce soit entre le cadrage trémulant et le montage épileptique. Même si les scènes d’action veulent en jeter plein la vue, c’est davantage une attaque cérébro-vasculaire qui risque de jeter le spectateur en bas de son siège. Les effets spéciaux, aussi convaincants soient-ils, se perdent dans un découpage trop frénétique et il est souvent presque impossible de savoir quel robot se bat avec quel autre robot (ce qui est quand même l’objectif premier d’aller voir ce film). L’impression finale est la même que celle de regarder un enfant enragé détruire la maison de Barbie de sa soeur en frappant dessus avec ses bonhommes les yeux fermés.

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Bumblebee

Il demeure que le dynamisme bon enfant du réalisateur transcende ses maladresses et il est assez satisfaisant de voir des voitures rutilantes se transformer sous nos yeux en robots géants. Heureusement, les attentes n’étaient pas très élevées pour ce nouveau blockbuster, ce qui joue en faveur de Michael Bay, qui ne pouvait vraisemblablement pas décevoir complètement. Il aurait pu néanmoins faire beaucoup mieux.

lundi 16 juillet 2007, par Charles-Louis Thibault

P.-S.

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