À l’adolescence, les choses nous arrivent plus souvent en pleine face qu’on ne les provoque... C’est en tout cas le constat que font les adultes qui ne comprennent pas ce qui se passe dans la tête des jeunes. Au contraire, sans les responsabilités nombreuses d’une vie troublée par les hypothèques, les factures et les cheveux grisonnants, ces incompris de la société se concentrent sur les vraies priorités, soit les amis, les amours, la vie... et inévitablement la mort.

- La solitude de celui qui a perdu ses amis
Josh, interprété brillamment par Maxime Dumontier, perd ses quatre meilleurs amis dans un suicide organisé et doit se rendre à l’évidence que malgré la déprime et la solitude, la recherche de la beauté et du bonheur demeurent le seul but à la vie. Si le suicide sert de trame de fond à ce puissant film, le scénariste Guillaume Vigneault ne l’utilise aucunement comme une béquille qui serait trop lourde à porter. Au contraire, c’est souvent dans les abysses qu’on apprécie pleinement le peu de lumière que capte notre oeil.
Josh traverse donc toutes les facettes du deuil, de l’indifférence arrogante à la tristesse suicidaire entrecoupée par beaucoup de colère. Il apprendra à ignorer l’aide de personnes maladroites (ses parents et son psychologue entres autres) et à la puiser dans les personnes qui comprennent mieux ses émotions, qui se rapprochent pour les partager.

- La compagnie de Mia (Chloé Bourgeois) aidera Josh à treverser les épreuves
En plus d’être un superbe hymne à la vie, Tout est parfait nous permet de nous intéresser aux motivations et à la volonté de cette génération difficile à cerner. Trop peu de cinéastes plongent dans ce monde fermé par les écouteurs de lecteur mp3, mais le réalisateur Yves Christian Fournier le fait à merveille en misant sur des acteurs vraisemblables et, qui plus est, jouent des personnages de leur âge, dans des rôles qui leur sont bien connus. Exit donc les acteurs trentenaires qui essaient de passer pour la moitié de leur âge en haussant le timbre de voix tout en profitant d’un maquillage et d’un éclairage avantageux. Et que dire des dialogues, d’une justesse inouïe, qui collent aux personnages. Un parfait dosage de « tsé », de « genre » et de vocabulaire précis !

- Josh (Maxime Dumontier)
La trame sonore est aussi parfaite que le film, alternant entre du Cat Power, du Calexico, du Set Fire to Flames, du Buck 65, du hip-hop et, en générique, le morceau « M’accrocher » de Loco Locass, est à couper le souffle (sans jeu de mots facile, évidemment). Même les flashbacks s’imbriquent parfaitement dans le déroulement de l’histoire ! Assurément, Tout est parfait est une oeuvre puissante qui restera gravée à jamais dans le coeur des cinéphiles.











