The salon

Braque et Picasso mènent l’enquête !

Le bédéiste Nick Bertozzi a publié cette année l’un des récits graphiques les plus intrigants de l’année – The Salon.

Le bédéiste Nick Bertozzi a publié cette année l’un des récits graphiques les plus intrigants de l’année – The Salon. L’artiste originaire de la Nouvelle-Angleterre et résidant à New York a en effet créé une intrigue policière campée à Paris au début du 20e siècle, impliquant une créature mystérieuse née d’une absinthe bleue qui s’acharne à décapiter des peintres modernes…

picasso et braque

Alors que la communauté d’artistes est aux aguets, un jeune peintre du nom de Georges Braque fait la rencontre d’un énergique nabot espagnol du nom de Pablo Picasso. Les deux nouveaux amis exploreront le plan de la perspective et de la forme afin de donner naissance à un nouveau mouvement de la peinture, le cubisme. Du moins, il y parviendront si ils ne se font pas assassiner par une créature bleue particulièrement farouche…

Le récit de Bertozzi est déployé dans de courts chapitres, dans une mise en page régulière de quatre cases, où s’alternent deux couleurs de page en page. Le style graphique de Bertozzi est loin d’être raffiné, clairement inspiré des peintures du début du 20e siècle. À mi-chemin entre la lisibilité et l’expressionnisme, les images créent une ambiance particulière au récit qui navigue entre l’absurde et l’inquiétant.

petit extrait

La galerie de personnages excentriques qui peuple le récit est composée d’artistes célèbres : Apollinaire, Satie, Braque, Matisse, Gauguin, Picasso et Léo et Gertrude Stein. Ils sont mis en image et en paroles de manière juste et intéressante. Seule ombre au tableau, l’enquête menée par ce groupe d’artistes n’est pas aussi enlevante et bien ficelée qu’un récit policier traditionnel. Néanmoins, son excentricité compense cette légère faiblesse du scénario.

Il est probablement difficile d’apprécier les discussions autour de la peinture qui foisonnent dans le récit pour un lecteur qui ne s’y connaît pas du tout, puisque ces questions sont effleurées plutôt qu’approfondies, mais The Salon reste une œuvre très intrigante et curieuse, belle au regard et satisfaisante à la lecture. Elle donne également envie de s’envoyer une rasade d’absinthe derrière la cravate !

The Salon Par Nick Bertozzi Éditions St Martin’s Griffin, 178 pages

samedi 12 mai 2007, par Gabriel Tremblay Gaudette

Créé, géré, édité et bidouillé par David Lamarre. Tous droits réservés (2008)