Au beau milieu des plaines arides du Colorado, sous le soleil brûlant rendant l’air sec et poussiéreux, quelques prisonniers s’acharnent à apprivoiser l’indomptable mustang, le plus sauvage des chevaux. Depuis plusieurs années, le programme WHIP, le Wild Horse Inmate Program, propose aux prisonniers de confronter une bête plus puissante, plus têtue, plus délinquante qu’eux. Cette zoothérapie cherche plutôt, en fait, à contrer la paresse dommageable aux repris de justice. Les passionnés de chevaux apprécieront fortement ce documentaire du Canadien John Zaritsky, mais ce dernier ne laissera pas les sociologues et amateurs de psychologie en reste.

- Jon Petterson approche doucement Samson, son dernier mustang
La grande majorité des prisonniers sont en prison à cause de problèmes avec l’autorité, tout comme leurs bêtes. Ces individus, quoique n’ayant pas commis de crimes graves, sont tous des récidivistes qui ont été mis sous les barreaux pour cambriolage, pour consommation, possession et/ou revente de stupéfiants, pour bris de parole, etc. Et ces derniers auront à apprendre à communiquer, à interagir et à apprivoiser ces mustangs. Si dompter un cheval n’est pas facile, dompter un mustang retiré de son habitat naturel il y a moins d’un an relève du pur défi. C’est d’ailleurs ce qui fait la force du programme WHIP. L’apprentissage de la patience sera souvent salvateur pour ces personnes qui ont choisi la voie facile et rapide de la criminalité.

- La patience est la seule façon de dompter la bête
Sans narration, The Wild Horse Redemption démontre les bienfaits du programme en laissant les prisonniers et le personnel parler de leur expérience, de leur apprentissage et de leur quotidien. Plusieurs sous-titres aident à la mise en contexte. De plus, les images de ce documentaire ont été tournées en numérique et elles parlent par elles-mêmes. Les prises de vues sont souvent à couper le souffle et la lumière riche du désert offre des teintes magnifiques.

- L’accomplissement salvateur mène-t-il assurément à la rédemption ?
Ce documentaire traite d’un sujet peu banal, de façon simple et sans aucun jugement. On pourrait d’ailleurs reprocher au réalisateur un certain manque de sens critique, laissant The Wil Horse Redemption dériver vers le film élogieux, voire publicitaire. Si tout semble beau et parfait, on se permet d’en douter, mais il reste que le documentaire, au même titre que le programme WHIP, suscite l’intérêt et promet d’ouvrir un débat sur l’avenir carcéral en Occident.











