The Seeker

Rien de nouveau dans le noir

Les films fantastiques pour enfants sont de moins en moins fantastiques, mais de plus en plus enfantins.

Un film de David Cunningham, avec Ian McShane, Frances Conroy, Christopher Eccleston, Alexander Ludwig, Jonathan Jackson et Amelia Warner. États-Unis, 2007, 94 min. (« Le chercheur : À l’assaut des ténèbres » en version française.)

Le jour de ses 14 ans, le jeune Will Stanton se fait révéler, par une troupe d’acteurs récupérés des séries défuntes de HBO (Ian McShane de Deadwood et Frances Conroy de Six Feet Under), qu’il n’est pas le simple adolescent qu’il croyait. Il serait en fait le « seeker » (le chercheur ?) et représente l’unique espoir des forces de la lumière et, par extension, du monde entier devant la montée des ténèbres. Ses problèmes à communiquer avec la belle fille de l’école et avec le reste de sa famille semblent soudainement bien peu de chose quand il se retrouve devant le Rider, un homme encapé de noir qui dirige, incidemment, les forces des ténèbres. Will devra voyager dans le temps pour retrouver les sept symboles qui, une fois réunis, permettront à la lumière de vaincre la noirceur.

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Merriman Lyon (Ian McShane) et Will Stanton (Alexander Ludwig).

Depuis le fulgurant succès de la trilogie The Lord of the Rings, tous les studios hollywoodiens se sont précipités pour acheter les droits d’adaptation de tous les romans fantastiques jamais publiés. La série de Susan Cooper, À l’assaut des ténèbres (The Dark is Rising), assez peu connue en dehors du monde anglo-saxon, est le plus récent rejeton issu de cette course contre la montre et le résultat final est plus que décevant. La prémisse enfantine utilise une panoplie de concepts archidépassés, mâchonnés sans énergie dans un scénario qui semble avoir été écrit au crayon-feutre sur une douzaine de post-its. Combien de fois peut-on récupérer le concept de l’élu qui doit sauver le monde des forces du mal avant de se faire dire « C’est mon idée » par George W. Bush ?

Toute la symbolique du film, entachée d’un sous-texte évangélique assommant, se joue sur une opposition simpliste entre le bien et le mal. C’est à croire que le scénariste suivait un schéma d’organisation du monde rédigé par le parti conservateur tellement le portrait est grossier. Et même si le message s’adresse exclusivement aux enfants qui n’ont pas lu Harry Potter (parce que sinon ils n’en ont rien à foutre), il existe sûrement des moyens plus subtils pour le faire passer qu’en nous servant des tirades qui ne veulent rien dire, du genre « Même la plus petite lumière luit dans la noirceur ». Les séquences d’action, qui pourraient sauver une parcelle de l’entreprise, ne sont qu’ennuyantes et sans envergure, tandis que les voyages dans le passé de Will semblent tous se dérouler à la même époque, dans un décor vaguement médiéval avec trois figurants en costume de Viking. Le climax nous laisse dans la plus pure indifférence et se conclut en trois secondes dans une finale absurde qu’on croirait tout droit sortie d’une comédie musicale de Noël avec Sylvain Cossette.

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Le Rider (Christopher Eccleston)

David Cunningham (The Path to 9/11) nous sert cette sauce réchauffée avec une réalisation languissante qui épuise, rappelant ces films d’étudiants qui veulent en mettre plein la vue, mais qui n’ont pas les moyens de le faire. La narration abrupte nous laisse penser que le montage a été retravaillé en tâcheron la veille de la première pour compacter l’essentiel d’une intrigue diffuse en 1h30 (un des personnages sur l’affiche n’apparaît même pas dans le film). C’est néanmoins un 1h30 dénué d’intérêt qui ne plaira à personne sauf à votre petit cousin fascinné par les flashs de lumière et les corbeaux.

mardi 9 octobre 2007, par Charles-Louis Thibault

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