La présence américaine au Moyent-Orient incite au questionnement : « Pourquoi chercher à implanter la démocratie en Iraq alors que Washinigton supporte depuis des années la monarchie en Arabie Saoudite ? ». Cependant, dans The Kingdom, le bruit des déflagrations enterre le discours sur le sujet.

Après un montage énergique (qui n’est pas sans rappeler The Shock Doctrine de Alfonso Cuaron) résumant l’histoire des relations entre l’Arabie Saoudite et les États-Unis, le long métrage débute de façon explosive en montrant l’attaque suicide d’un campement d’américains travaillant pour une compagnie pétrolière. Malheureusement pour les terroristes, leurs crimes attirent l’attention de Ronald Fleury (Jamie Foxx), l’agent qui est au FBI ce que Jack Ryan est à la CIA. En moins de temps qu’il n’en faut pour dire « Allah est grand », Fleury monte une équipe d’experts et débarque dans le désert où il est accueilli par le colonel Faris Al Ghazi (Ashraf Barhom), un policier intègre. Ils devront apprendre d’abord à se connaître, ensuite à se faire confiance pour retracer les responsables du carnage et leur imposer une justice vengeresse.
L’excellence du départ pétaradant et de la conclusion à couper le souffle similaire aux combats de Black Hawk Down suggère que Peter Berg pourrait se révéler un réalisateur de films d’action respectable. Par contre, la banalité de la trame reliant ces deux passages laisse planer le doute sur ces compétences pour tourner tout autre type de projets.

En effet, la majeure partie du film repose sur une enquête comme on en retrouve dans presque toutes les émissions du canal Mystère. L’épice culturelle qui est supposée rehaussé le goût de ces scènes procédurières bourrées de clichés n’y arrive qu’à moitié. D’un côté il est intéressant de voir comment réagissent les Musulmans aux enquêteurs infidèles américains. De l’autre, les liens tissés entre Fleury et Faris manquent à la fois de vraisemblance et d’originalité. Il s’agit de la même relation que dans Red Heat et Rush Hour, deux films qui ne sont certainement pas reconnus pour leur qualité narrative.
Moins pertinent que Syriana, moins ridicule que Rambo III, The Kingdom en fait juste assez pour se mériter une froide recommandation. Peter Berg exploite de façon spectaculaire les images traumatisantes des actions terroristes (attaque suicide, décapitation) que les bulletins de nouvelles ont gravés dans notre esprit mais ne parvient pas à les commenter ou les analyser d’une façon satisfaisante.











