Après nous avoir appris les vertus de la magie avec le maléfique Practical Magic et signée le scénario de la pauvre adaptation du roman d’Arthur Goldman Memoirs of a Geisha, la scénariste et réalisatrice Robin Swicord continue dans la même veine en portant au grand écran The Jane Austen Book Club. Une question s’impose : le livre est-il aussi insipide que le film ?

Bernadette (Kathy Baker), la doyenne d’une bande de quatre amies, décide de fonder un petit club de lecture comme prétexte de réunion pour soutenir leur amie Sylvia (Amy Brenneman) dont le mari (Jimmy Smits) vient de la quitter. Bernadette tombe par hasard sur Prudie (Emilie Blunt), une enseignante de français éhontée de n’avoir jamais vu la France, et l’invite à se joindre au club. Il est donc entendu que l’auteur à l’étude sera Jane Austen et ses six romans, donc un roman par personne. Or, avec la fille de Sylvia, Allegra (Maggie Grace), et sa camarade d’enfance Jocelyn (Maria Bello), il manque une personne. Jocelyn propose donc à Grigg (Hugh Dancy) de faire partie du groupe dans le but caché de le faire tomber amoureux de la nouvelle célibataire, sans savoir qu’elle est celle qu’il désire. Au fil des réunions, en s’appuyant sur l’oeuvre de Jane Austen, les personnages changent de perspectives sur leurs propres relations amoureuses ce qui culmine vers un incontournable « happy-ending » où tout le monde trouve son compte, sauf le spectateur.

Je ne surprendrai personne en précisant que The Jane Austen Book Club ne s’adresse pas vraiment à un public masculin. Il ne s’agit pas en soi d’un défaut. Toutefois, le manque de profondeur, à tous les aspects de la production, constitue une faiblesse majeure. Les scènes de discussions ne réussissent jamais à susciter un intérêt quelconque. Elles ne font que gratter la surface des couvertures des romans de Austen et ne révèlent que les états les plus primaires des personnages. La réalisation n’aide absolument pas la cause du film. La forme de l’oeuvre, dictée par le découpage des scènes, l’éclairage ou les effets visuels, se compare davantage à un téléroman comme Virginie, qu’à un long métrage de fiction. Cette anémie reflète toutefois l’ensemble de la production qui n’a ni style, ni originalité ni qualité unique à laquelle le public pourrait s’accrocher.

L’adaptation cinématographique d’un livre au cinéma présente toujours des difficultés quant à la précision ou la modification du récit original. Néanmoins, même si le scénario avait été parfait, et ce n’est certainement pas le cas, la morne réalisation de Robin Swicord aurait assuré la banalité de The Jane Austen Book Club. Aussitôt vu, aussitôt oublié !











