The Illusionist

La magie n’est malheureusement pas au rendez-vous

Je crois que j’aurais adoré le livre, mais la version visuelle reste boiteuse.

Un film de Neil Burger, basé sur la nouvelle Eisenheim the Illusionist de Steven Millhauser, avec Edward Norton, Paul Giamatti, Jessica Biel et Rufus Sewell. É.-U./République Tchèque, 2006, 110 min.

Je n’aime pas les films qui commencent par la fin. J’adore la déchronologie raffinée par contre, mais un copier-coller de la finale, tout simplement mise au début du film, ça, je déteste. Il est trop facile de montrer le résultat pour ensuite amener le spectateur à travers le déroulement de l’histoire. En journalisme, les deux points importants d’un article sont le chapeau (au début) et la chute (à la fin). On peut sûrement ajouter les belles images couleurs dans le cas d’un certain journal trop populaire de Montréal, mais sinon, c’est une règle qui s’adapte relativement bien au cinéma.

J’adore, par contre, Edward Norton (Fight Club, Rounders, 25th Hour, Down in the Valley) qui tient le rôle d’Eisenheim l’illusionniste dans un Vienne du début du 20e siècle. Charismatique à souhait, Norton rend crédible un personnage qui base ses spectacles sur l’impression que le spectateur doit avoir. L’illusion d’assister à un phénomène magique.

Est-ce le cas pour le film ? Très sépia, brun, noir et beige, l’Illusionniste est parsemé de longueurs et d’un anachronisme majeur... Jessica Biel n’est pas encore assez douée pour interpréter un personnage né avant 1975. Malgré le respect que j’ai pour elle, un film qui ne la montre pas en bikini n’est pas un film pour elle. Je sens des dents grincer, mais je reste sur ma position qui est loin d’être misogyne ou réductrice pour l’actrice. On a tous nos talents, nos attributs et notre potentiel, mais Jessica Biel n’est pas une princesse autrichienne. Un peu comme Kirsten Dunst dans le rôle de Marie-Antoinette. Deux actrices respectables, mais qui interprètent des rôles qui ne sont pas dans leur champ de crédibilité.

L’Illusionniste est en fait une bonne histoire policière, bien tissée, bien ficelée. Je crois que j’aurais adoré le livre, mais la version visuelle reste boiteuse. Est-ce l’immaturité du réalisateur Neil Burger, qui en est seulement à sa deuxième oeuvre ? Il n’en reste pas moins qu’on termine le film avec un goût de banalité dans la bouche. Je notais en introduction que le début calque la fin, ce qui n’est pas tout à fait véridique. C’est un bon polar et la fin est surprenante. Le début calque en fait le moment juste avant la fin de l’enquête policière menée par l’inspecteur Uhl, interprété par le crédible Paul Giamatti (Man on the Moon, Sideways). On peut donc facilement lever notre chapeau à l’auteur Steven Millhauser pour cette histoire.

Je ne sais plus qui me faisait remarquer que l’Illusionniste est un bon film à écouter en avion... Que dire de plus ?

jeudi 12 avril 2007, par François Gélinas

P.-S.


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