Voyons voir ; nous avons une comédie portant sur un trentenaire amoureux d’une femme magnifique et intelligente qui, aux dires de tous, est « au-dessus de sa ligue ». À ce tableau s’ajoute un homme crapuleux également amoureux de la belle, qui, dans le but d’attirer sa sympathie, se fait passer pour un handicapé. S’ensuit alors un véritable combat de coqs où s’accumulent tous les coups possibles et inimaginables afin d’être l’élu de cette femme extraordinaire... Oh, ai-je oublié de vous le mentionner ; il ne s’agit pas là de la prémice du très réussi Marie a un je ne sais quoi, mais plutôt de celle du vraiment très ordinaire The Ex.

Tom (Zach Braff) refuse de revenir sur ses principes pour des boulots qui de toute façon ne lui conviennent pas. Changeant d’emplois à répétition, c’est sans scrupule qu’il subsiste grâce aux rentes de Sofia, sa riche avocate de femme, lorsque les choses tournent mal pour lui. Mais lorsque cette dernière tombe enceinte, un marché est conclu ; ce sera lui qui subviendra aux besoins de la famille après l’accouchement, laissant ainsi le loisir à Sofia (Amanda Peet) de découvrir les joies d’être mère au foyer. Coup de malchance ; c’est précisément le jour de l’accouchement que Tom perd son emploi. Devant réagir au plus vite à cause de l’arrivée de bébé, ce dernier consent à prendre le boulot 100 fois offert par son beau-père dans sa boîte de pub en Ohio. S’installant en banlieue avec sa petite famille, Tom démontre enfin l’intérêt à assumer ses responsabilités d’adulte et de vaquer à ses obligations avec le plus grand sérieux. Mais les choses se compliquent lorsque, dès son premier jour, il rencontre son superviseur, Chip Sanders (Jason Bateman). Rivé à un fauteuil roulant (et ne supportant aucune mesquinerie sur ce point) ce dernier, pierre angulaire de l’entreprise et homme de confiance du beau-père de Tom, monsieur Kowalski, prend Tom en prise et décide de lui faire vivre un véritable enfer. Ne souhaitant guère créer de remous, ce sera sans mot dire que Tom encaissera les sales coups octroyés par son superviseur à son endroit jusqu’au jour où il découvre que ce dernier, ancien amant de Sofia, s’est fixé l’objectif de la lui subtiliser. C’est une fois ce constat émis que la guerre est déclarée entre eux deux et que tous les coups seront permis afin d’obtenir la confiance de monsieur Kowalski et l’amour de Sofia.

Un des problèmes avec le film de Peretz est que non seulement il s’inspire d’une recette cent fois récupérée, mais qu’il ne semble y apposer aucune touche personnelle. Le manque d’originalité de The Ex pousse donc quiconque le visionnant à le qualifier de convenu et sans saveur. Tous les gags classiques s’y trouvent ; le collègue crapuleux qui met de la porno sur l’ordinateur de son ennemi, des blagues de « coming out », des membres masculins disproportionnés, des consultations de couple qui en viennent aux coups de bâton de baseball, un beau-père excentrique qui boit pour oublier ses ennuis, un nombre incalculable de chutes, de collisions, de coups dans les schnolles… Bien que certains quiproquos risquent de vous faire esquisser un sourire, jamais vous n’entendrez retentir de grands éclats de rire au cours de cette projection qui suscite davantage l’ennui que l’hilarité. Si le manque d’éléments comiques de cette « comédie » est navrant, la véritable déception demeure d’y voir évoluer deux grands noms de la comédie ; soit Zack Braff (Garden State) et Jason Bateman (Arrested Development). Bien qu’il soit à peine croyable que ces deux comédiens de renom aient consenti de s’associer à cette production, il fait peine de les voir s’évertuer à faire rire avec un scénario aussi grossier, prenant le public pour une bande d’imbéciles. On s’attendait à bien plus de ces deux comédiens au parcours qui semblait jusqu’à maintenant sans faute et ayant démontrer la capacité à s’associer (ou carrément créer) des projets tout aussi audacieux que distrayants. Espérons seulement que leurs projets futurs (qui déferleront sur le grand écran en 2007) voleront plus haut que ce que leur a permis de faire le dernier opus de Peretz.

The Ex se résume donc à trois choses ; une comédie ennuyante ne démontrant aucun désir de repousser les limites du genre, la première chute de Braff et Bateman, mais aussi (il faut toujours voir le côté positif), la preuve que le public n’est pas près a accepter n’importe quoi et que les grands studios, malgré les budgets faramineux dont ils bénéficient généralement, ont un standard de qualité minimum a respecter. Espérons seulement que le box-office ne me fera pas mentir sur ce dernier point...











