En jettant un regard rapide au curriculum de Roger Spottiswoode, deux titres ont particulièrement retenu mon attention : l’explosif Tomorrow Never Dies et le mythique Stop ! Or My Mom Will Shoot. Il était donc normal que je sois un peu méfiant en me rendant à la projection. Cependant, le film est loin d’être mauvais.
L’histoire présentée est celle de George Hogg (Jonathan Rhys Meyers), un jeune journaliste anglais arrivé à Shanghai au début de l’invasion japonaise (1938). En se faisant passer pour un membre de la Croix Rouge, Hogg réussi à entrer à Nanjing (Nankin) la capitale de la Chine Nationaliste sous occupation japonaise. Le jeune homme va alors être témoin d’un des pires massacres qu’ait connu l’humanité et est fait prisonnier par l’armée Japonaise. Après avoir été secouru par Jack Chen (Chow Yun Fat) – un des fondateurs du parti communiste chinois, Hogg sera caché dans un orphelinat à Huang Shi. Il va réussir à redonner espoirs aux orphelins qui vivaient dans des conditions misérables, jusqu’à ce que l’armée nationaliste lui laisse entendre qu’ils vont transformer l’orphelinat en base militaire et recruter les orphelins. Hogg décide donc de les sauver en suivant la route de la soie, une route montagneuse et enneigée.

Une des plus belle qualité de cette production est qu’elle présente une facette de l’histoire qui semble être assez méconnu du public occidental. Pour la majorité des gens, la deuxième guerre mondial est une guerre européenne. Par contre, l’Asie a été le théâtre d’un grand nombre de batailles importantes et de crimes de guerre odieux commis par le Japon envers la Chine, que ce soit les expérimentations bactériologiques en Mandchourie ou bien le massacre (Rape) de Nankin (qui est d’ailleurs présenté dans le film). Un autre aspect historique évoqué par la production est la cupidité du parti nationaliste chinois qui était presque aussi préoccupé à combattre les membres du parti communiste que de repousser l’envahisseur Japonais. Par contre, on peut faire quelques reproches à la représentation qui en a été faite ici… En effet, le film de Spottiswoode est parfois un peu trop simpliste dans la représentation des camps (les nobles communistes versus les sauvages nationalistes).
Une des faiblesses les plus importantes est le manque de consistance du scénario qui semble s’épuiser vers la fin du film. En effet, la première heure est véritablement absorbante, mais l’effet se voit gâché par des longueurs, particulièrement lors des passages où il est question de la relation entre Hogg et l’infirmière Lee Person (Radha Mitchell). Le jeu des acteurs vient cependant remédier quelque peu à cette faiblesse. Bien que l’on puisse trouver que le personnage de Hogg est un peu trop parfait, il ne faut pas oublier qu’il s’agit d’un film hommage du type de Schindler’s List.
Sans être à la hauteur du classique de Spielberg, The Children of Huang Shi de Roger Spottiswoode possède les deux qualités principales de tout bon drame historique : il est à la fois touchant et instructif.











