Avec seulement un film à son actif, le réalisateur Andrew Dominik a quand même obtenu un budget de 30 millions pour réaliser The Assassination of Jesse James by the Coward Robert Ford. Il aura suffit d’annoncer la participation de l’acteur Brad Pitt dans le rôle de Jesse James pour que s’emballent les attentes du public et de la critique.
Adapté du roman du même nom, écrit par l’américain Ron Hansen, le récit présente le célèbre bandit vers la fin de ses activités illicites. Reconnu à travers l’Amérique, le mythique hors-la-loi fascine la nouvelle recrue de sa bande criminelle : Robert Ford (Casey Affleck de Gone Baby Gone. Toujours très prudent, Jesse James commence à crouler sous le stress de l’instabilité de sa vie de truand. Sa méfiance envers ses collègues prend le dessus et l’incite à éliminer quelques collaborateurs douteux. Il invite ensuite son homme de confiance Charley Ford et son petit frère Robert dans sa maison au Missouri. La soif de devenir aussi populaire que son héros et patron entraîne le jeune Ford à commettre l’irréparable. « The rest is History ».

Andrew Dominik construit une oeuvre remarquable. Inspiré par Terrence Malik (The New World) dans le traitement de l’image, le cinéaste évite de remâcher les clichés visuels du genre. Le récit se développe lentement dans de longs plans qui reflètent le rythme de vie de cette époque. Après avoir offert une superbe performance l’an passé dans Babel, Brad Pitt récidive avec une interprétation impeccable dans le rôle principal. L’acteur incarne aussi bien la camaraderie et le doute que la cruauté et la paranoïa. La menue stature de Casey Affleck dans la peau du Coward Robert Ford accentue l’écart entre les deux hommes.
The Assasination of Jesse James by the Coward Robert Ford croule toutefois sous sa durée excessive (2h40) à l’image de son titre. L’assassinat de James se fait langoureusement, exposant toujours cette attraction/suspicion entre les deux personnages. Alors que cette séquence aurait très bien put conclure le récit, des scènes montrant les conséquences de ce crime sur la vie de Ford alourdissent la production d’une vingtaine de minutes. Aussi, le vieil anglais parlé par les acteurs et prononcé avec un accent du Sud rend parfois la compréhension difficile. J’aurais beaucoup aimé avoir des sous-titres puisque certains dialogues deviennent inintelligibles. Défaut qui peut aussi être interprété comme une qualité tellement les acteurs campent bien leurs rôles respectifs.

Peu importe les nominations ou prix que The Assassination of Jesse James by the Coward Robert Ford se méritera lors de la prochaine remise des Academy Awards. L’oeuvre annonce l’arrivée d’un nouvel auteur américain, Andrew Dominik, et rappelle que Brad Pitt n’est pas bon qu’à jouer dans Mr. And Mrs. Smith ou faire la couverture des journaux à potins. Un film à découvrir, armé de patience.











