Comme A Series of Unfortunate Events canalisait l’essence des meilleurs films de Tim Burton sans pour autant devenir une copie de qualité inférieure, Stranger Than Fiction s’approprie le style de Charlie Kaufman et l’exploite aussi bien.

Harold Crick, un huissier solitaire et taciturne, entend un matin une voix féminine qui narre ses faits et gestes. Ça passe encore quand la narratrice décrit ses états d’âme mais quand elle annonce sa mort imminente, il court rechercher de l’aide. Il ne trouvera pas le réconfort souhaité auprès d’un médecin. Après tout, il n’est pas schizophrène, la voix qu’il entend ne lui parle pas mais parle de lui. Un professeur d’études littéraire s’avère mieux placé pour analyser la situation et le conseiller dans ses aventures.
Ce que le réalisateur Marc Foster et le scénariste Zach Helm accomplissent surprend par sa qualité. Les comédies aux concepts aussi exagérés ratent plus souvent qu’autrement la cible. Avez-vous vu Click ? Bien que complètement irréaliste, l’intrigue débouche sur des émotions véritables et une pertinente étude des arts narratifs. Le héros apprendra d’importantes leçons sur la vie lorsque confronté à sa mort, trouvera l’amour dans les bras d’une pâtissière aux idées révolutionnaires (les contraires s’attirent) et transformera la vie de la dépressive écrivain qui l’a concrétisé. Quant aux observations théoriques sur l’art de raconter des histoires, l’oeuvre montre avec humour les différences entre les comédies et tragédies. Elle illustre aussi l’attachement qui se créé entre un écrivain et ses personnages.

Personne ne doute des qualités d’humoriste de Will Ferrell. Il semble taillé sur mesure pour interpréter des idiots plus grand que nature. Ici toutefois, il doit faire preuve d’une restreinte qu’on ne lui connaissait pas. Avec son dos droit et son air figé, il donne au personnage l’aspect coincé qui lui convient. Il joue les « straight man » vis-à-vis tous les autres acteurs du film, que ce soit Emma Thompson qui campe la mélodramatique auteur, Dustin Hoffman dans le rôle du professeur de littérature caféïnomane ou Maggie Gyllenhaal qui interprète l’amante gauchiste.

Pour vous encourager à voir ce film, on pourrait mentionner les brillantes touches d’infographies qui illustrent comment le personnage calcule ses mouvements. On pourrait même souligner la qualité du montage et de la photographie. Mais si vous résistez encore à acquérir ce DVD, réfléchissez à ceci : Linda Hunt, la directrice d’école de Kindergarden Cop, effectue une brève et remarquable présence à l’écran.
Linda Hunt.












