Shortbus

Quand la crudité a bon goût

À travers la sexualité, de jeunes gens cherchent à se libérer de leurs conflits intérieurs.

À travers la sexualité, de jeunes gens cherchent à se libérer de leurs conflits intérieurs. Non, ce n’est pas le synopsis de C.A. mais bien celui de Shortbus, un film qui a du fouet. À notre dépend, on comprendra que le cinéaste John Cameron Mitchell n’est pas du genre à s’en faire avec les préliminaires.

Dès les premières minutes, il nous enligne à hauteur pubienne et ne nous épargne rien. Ainsi, c’est à coup de gros plans phalliques et de cris orgasmiques que nous rencontrerons le réalisateur et ses personnages. Des personnages complexes, perturbés et attachants qui se croisent au salon clandestin Shortbus le temps d’exulter le trop plein. Parmi eux, il y a une sexologue n’ayant jamais connu l’orgasme ; un couple gai dont la relation s’épuise et une dominatrice victime d’elle-même. Les acteurs sont absolument fabuleux. Disons que Mitchell leur a donné un sérieux coup de pouce en leur prêtant un scénario en or. Parfois drôle, parfois dramatique, l’histoire n’est jamais éclipsée par les scènes de fesses. Ce qui, dans le cas présent, est un véritable exploit. Et parlons en de ces scènes qui frôlent le pornographique ! Quoique très nombreuses et très explicites, elles ne sont jamais déplacées. Ce qui constitue un autre admirable tour de force.

La rumeur était persistante mais maintenant elle se confirme : Shortbus est plus qu’un film sur le sexe. C’est une œuvre novatrice, rythmée, complètement éclatée et c’est, surtout, un incontournable.

jeudi 9 novembre 2006, par Julie Roy

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