Scenes of a Sexual Nature

Cette chose qu’on appelle l’amour

Pour son premier long métrage, Blum nous propose une étude en sept mouvements sur les rapports amoureux. Explorant l’avant, l’après, les tensions qu’ils occasionnent où les petits plaisirs qu’ils suscitent, le réalisateur y va d’un chassé-croisé entre sept couples qui, tous à différents moments de leur union, nous présentent chacun un pan du sentiment amoureux.

Un film de Ed Blum avec Ewan McGregor, Sophie Okonedo, Andrew Lincoln et Gina McKee, Angleterre, 2006, 91 minutes.

Pour son premier long métrage, Blum nous propose une étude en sept mouvements sur les rapports amoureux. Explorant l’avant, l’après, les tensions qu’ils occasionnent où les petits plaisirs qu’ils suscitent, le réalisateur y va d’un chassé-croisé entre sept couples qui, tous à différents moments de leur union, nous présentent chacun un pan du sentiment amoureux.

Scenes of a sexual nature est un film divisé en plusieurs épisodes. Débutant avec un couple spécifique, le réalisateur soulève une problématique pour ensuite la laisser en suspend, l’instant d’introduire d’autres couples qui, eux aussi, nous pousseront à nous questionner sur un autre aspect de l’amour. De cette manière, une multitude de personnages nous sont présentés ; certains intéressants, d’autres moins, mais tous aux prises avec cette question existentielle qu’est l’amour. Pensons à ces deux sexagénaires qui s’aperçoivent, en discutant tout bonnement sur un banc de parc, qu’ils furent jadis amoureux, à cet homme et à cette femme qui, même s’ils se vouent un amour profond, sont incapables de vivre ensemble, à ces deux âmes esseulées qui tentent le tout pour le tout avec un blind date qui tourne au fiasco, etc. Des situations qui bref surviennent dans nos vies et ce, que l’on soit homme, femme, âgé de 25 ou de 70 ans.

Tourné avec un budget que l’on ne peut même plus qualifier de « petit », ce film comporte un scénario assez fort pour que des acteurs de la trempe de McGregor, Lincoln et autres grandes pointures consentent à s’y associer. Saisissant par cette propension à coller au réel, le film émeut par son authenticité. S’élaborant en un après-midi dans un parc de Londres, ce récit a ceci d’intéressant qu’il n’a aucunement la prétention de nous révéler quelques grandes vérités sur l’amour. Y allant d’une réalisation on ne peut plus conventionnelle, Blum privilégie un tournage en extérieur sans artifices. Capitalisant sur le réalisme et la simplicité, ce projet, à défaut d’éblouir par des histoires d’amour grandiloquentes, nous touche avec sa part de vérité.

Si Blum y va d’un portrait sensible et réaliste pour dépeindre sa conception de l’amour, le film a ceci d’intéressant qu’il stimule en nous le désir de nous questionner sur la nature de cette chose étrange qu’est le sentiment amoureux. Est-il possible que garder un ex dans sa vie alors que l’amour n’est plus probable ? Un fantasme doit-il être concrétisé ? Les pulsions sexuelles éprouvées à l’endroit d’une tierce personne constituent-elles un obstacle à l’amour que se vouent les composantes d’un couple ? L’amour, le grand, le vrai, existe-t-il véritablement ou n’est-il que poudre aux yeux ? Oh, que de questions ? Vous ne trouverez probablement aucune réponse en visionnant Scenes of a sexual nature mais vous vous sentirez rasséréner sur certains faits et éprouverez un plaisir assuré à voir évoluer ces personnages qui nous ressemblent.

vendredi 13 juillet 2007, par Patricia Roy

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