Rocky Balboa

Un autre round de trop...

Quel putride navet.

Un film de Sylvester Stallone, avec Sylvester Stallone, USA, beaucoup trop de minutes...

Les athlètes reviennent souvent de la retraite pour tenter une dernière fois de retrouver leur gloire d’antan. Michael Jordan nous a fait le coup deux fois. Mario Lemieux aussi. Pour tous ceux qui réussissent leur retour, une douzaine d’autres se cassent la gueule. La réapparition derrière et devant la caméra de Stallone, pour la réalisation d’un autre chapitre de la série Rocky, ressemble davantage au KO subit par Ouellet qu’au championnat remporté par George Foreman.

Quel putride navet. Adrienne est morte. Probablement que Talia Shire, son interprète, a lucidement refusé de prendre part à cette macabre expérience de réanimation. Toujours est-il que le film débute avec Rocky, nostalgique, qui fête l’anniversaire de la mort de sa femme en visitant des lieux qui lui rappellent les moments qu’ils ont passés ensemble (dans les autres films). Cette mélodramatique et mélancolique série de flashbacks donnent l’impression de regarder une parodie de Rocky.

Même après cette séquence pathétique, l’intrigue ne prend pas du mieux. Rocky rencontre une barmaid qui jouait un rôle de figurante dans un des chapitres précédents et se lie d’amitié. C’est à se demander si cette intrigue secondaire ne sert qu’à faire du film un long métrage tant elle influe peu sur le parcours de notre héros.

Le personnage qui aurait gagné à être mieux développé, l’opposant de Rocky, Mason « The Line » Dixon, un talentueux boxeur qui n’a jamais affronté d’adversaire à sa hauteur, n’apparaît à l’écran que pendant une demi douzaine de minutes avant son grand combat. Il ressemble comme deux gouttes de sueur à Appolo Creed, mais en moins arrogant.

Après une heure de drame des plus commun et ennuyant, de « je ne suis pas un has been », « je dois le faire pour Adrianne », « sais-tu ce que c’est ce que de vivre dans ton ombre, papa Balboa ? », « je ne sais pas quoi faire d’autres » et de « c’était le bon vieux temps », la séquence de montage où Rocky s’entraîne sort le spectateur de son coma.

Vient ensuite le combat qui ne surprendra personne qui a vu un des quatre premiers Rocky. À nouveau, la chorégraphie de boxe est complètement irréaliste. Une fois de plus, Rocky se fait malmener jusqu’à ce qu’il trouve, à l’intérieur de lui-même, la force de contre-attaquer. Quant à la fin, elle est identique à celle d’un des chapitres précédents.

Si jamais un énergumène vous aborde et vous avoue avoir aimé Rocky VI, pour l’amour du cinéma, frappez-le en pleine tronche et dites-lui ces paroles de sagesse prononcées par l’étalon italien : « c’est pas à quel point tu frappes fort, c’est à quel point tu peux encaisser et toujours aller de l’avant ». J’ai encaissé et je continuerai à voir ces navets pour que vous n’aillez pas à le faire vous-même.

mercredi 20 décembre 2006, par David Lamarre

P.-S.

Rocky (l’original et non ses 5 médiocres suites) demeure l’un des meilleur film de sport de l’histoire du cinéma.

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