Dans les débuts du cinéma, alors qu’il est considéré comme un simple, mais révolutionnaire outil de transmission d’information, il est difficile pour certains d’y voir une nouvelle forme d’art. Nous sommes en Roumanie, dans les débuts du 20e siècle. L’ignorance face à ce nouveau média qu’est la pellicule entraîne le mépris de la part des habitués du Café des Artistes.

- Grigore Ursaru, interprété par Marius Florea Vizantge
« Le film brûle plus facilement que le canevas. Plus facilement que le papier. » Les propos du mécène Leon sont éloquents devant le jeune Grigore qui lui soumet l’idée d’une mégaproduction recréant sur pellicule la Guerre de l’Indépendance de 1877, quelque trente ans auparavant, contre les Turcs et les Russes. Le mécène se laisse toutefois convaincre par l’intrépide cinéaste, Grigore Ursaru, et embarque à fond dans cette nouvelle aventure qui établira les balises de ce qui deviendra plus tard le septième art.

- Une image du film original, que les spectateurs ont pu admirer au début du 20e siècle.
Nae Caranfil, fils d’un fameux historien et critique roumain, réalise avec brio ce film historique basé sur des faits réels. Mordu de musique, de films et de théâtre, il réussit à incorporer sa passion pour l’art dans ce long métrage précis et direct. La complicité entre les deux personnages principaux est rafraîchissante, les acteurs jouent avec coeur et donnent à Restul e tacere une saveur réelle, véridique et franchement fulgurante.

- La délicieuse Émilia, interprétée par Mirela Zeta
Vous n’aurez aucun mal à vous plonger dans cette époque novatrice de l’histoire du cinéma. Loin d’Hollywood, ce long métrage démontre avec succès les difficultés de la naissance d’un nouvel art. Le réalisateur Nae Caranfil est d’ailleurs considéré comme un des meilleurs réalisateurs des années 90. Et on comprend pourquoi en se laissant emporter dans cet univers nébuleux. Restul e tacere, sur fond de théâtre, est un grand film accessible à tous.











