À l’heure de la mania des combats ultimes, David Mamet nous propose son dernier né Redbelt. S’agit-il d’un K.O. ou d’un chaos ?
Un entraîneur de Jiu-Jitsu brésilien, du nom de Mike Terry (Chiwetel Ejiofor), tente de maintenir à flot son entreprise précaire avec l’aide de sa femme Sondra. Or, après une offre alléchante d’un producteur de cinéma qui tourne au vinaigre, Mike monte sur le ring pour réparer le tort que ses actions ont causées.

Avec Redbelt, on assiste à un condensé des films et des préoccupations de David Mamet. Les scénarios labyrinthiques et presque baroques où beaucoup de personnages pullulent représentent l’une de ses marques de commerce. Redbelt correspond à cette description. Comme pour Heist et son long métrage précédant Spartan, les nombreuses plaques tournantes du récit annulent toute tentative de simplification dans un synopsis. Un visionnement complet s’impose pour connaître et comprendre la trame narrative dans sa globalité.
On retrouve aussi la critique de la production cinématographique hollywoodienne, comme dans la comédie State and Main, à travers les personnages de la vedette vile et alcoolique interprétée par Tim Allen et du producteur malhonnête, joué par Joe Montegna. S’ajoute à cette histoire déjà bien remplie une vision du monde basée sur la compétition et la concurrence dans l’univers corrompu du sport professionnel qui n’est pas sans rappeler Glengarry Glenross. Mamet y intègre finalement un héros naïf et pur. Ce protagoniste suit une destinée identique au personnage principal de The Spanish Prisonner, dont l’honnêteté est la pire faiblesse. Les actes louables commis par Mike se retournent contre lui mais le sauve éventuellement du déshonneur.
Redbelt ne décevra pas ceux qui cherchent un suspense bien écrit et ficelé où l’action ne manque pas. Chaque direction que prend le récit s’entremêle parfaitement dans une trame qui ne souffre aucunement des nombreux rebondissements. Imagination et intelligence deviennent complémentaires. Ejiofor est particulièrement bon dans un personnage qui tente toujours de composer à la fois avec une naïveté maladroite, et une tenue dominante au combat et à l’enseignement du combat.

Pourtant, si Mamet reste un excellent écrivain, ses talents à la réalisation demeurent modestes. Ainsi, certaines lacunes sonnent le glas de cette production. Le réalisateur bâcle complètement la relation entre Terry et sa femme, et l’on est à même de se demander s’ils forment un couple tellement ils ne sont pas assortis. Les yeux bleus pénétrants d’Alice Braga, qui joue Sondra Terry, n’indiquent aucun amour pour son mari. Aussi l’amitié subite du personnage d’Emily Mortimer paraît un peu hors contexte quand on pense que suite à un incident disgracieux, elle semble avoir de la difficulté à faire confiance aux étrangers. En fait, le grand manque vient de l’absence de solidification des personnages secondaires qui interagissent avec l’interprète principal. Mamet aurait peut-être dû concentrer un peu son récit au lieu de jouer au tennis avec l’élément motivateur du film. On aurait pu oublier ces fautes légères si la scène finale avait été moins gâtée. Cette fin maladroite et indigeste peut même provoquer un petit ricanement durant générique tellement elle entre dans la catégorie « over the top ».
Bref, David Mamet ressasse toute sa filmographie en un film. Cependant, il aurait certainement dû choisir la parcimonie. Espérons que la prochaine fois, il offrira les rênes de la réalisation à quelqu’un d’autre.











