Il me serait difficile de décrire adéquatement le travail du cinéaste expérimental manitobain (oui, oui, ça existe) Solomon Nagler compte tenu que je n’ai vu que de brefs extraits de ses oeuvres (disponible ici et là ainsi qu’en cliquant sur ce lien ou ce mot).

Ceux qui, comme moi, ne connaissent pas Solomon Nagler mais qui veulent tout de même en parler cite généralement cette description écrite par Sarah Darmon : « Aux frontières de la narration et de l’abstraction, les films de Solomon Nagler nous invitent à explorer les « intérieurs » des personnages qu’il dépeint. Paysages et symboles se mêlent continuellement, questionnant l’identité et les mémoires intimes. Il semble alors que, loin des surfaces lisses des êtres, nous pouvons toucher leur essence. Ses films et installations ont joué à travers le Canada, les États-Unis, en Europe et en Asie. Il est professeur à temps plein en production de films à l’université de NSCAD à Halifax au Canada. ».
Pour étudier et peut-être même apprécier le travail de ce réalisateur hors du commun, rendez-vous au Cinéma parallèle (3536 rue St-Laurent, Montréal) jeudi le 9 août à 21h15. Le réalisateur sera présent et acceptera les éloges des spectateurs, répondra à leurs questions et expliquera, au besoin, sa démarche.
Programme :
Perhaps/We (16mm, noir et blanc/couleur, 11 min., 2003)
Un peintre tombe en rêve dans la cité détruite de Lodz en Pologne. Un million d’esprits juifs assassinés le conduisent vers un monde de photos flétries et d’anges de pierre, dont les larmes pétrifiées marquent à jamais le paysage en deuil de la Pologne.
The Sex of Self-Hatred (16mm, noir et blanc/couleur, 9 min., 2004)
On est en 1903. Otto Weiniger, écrivain juif converti au christianisme et antisémite, a décidé de se suicider dans la chambre où Beethoven a trouvé la mort. Âgé de 23 ans, il vient de publier son livre Geschlecht und Charakter (Sexe et caractère) et doit maintenant assumer la reconnaissance autoproclamée de son génie hanté par l’écriture damnée de son livre.
Fugue Nefesh (35mm, noir et blanc, 30 min., 2007)
Un survivant de l’holocauste et un gamin autochtone viennent de mourir. réunis dans leur déplacement, ils sont prisonniers du flux de leur transmigration et errent en fugue nomade parmi les âmes affligées et dénudées du quartier nord de Winnipeg.
Untitled 3 (stone killer) (Vidéo, noir et blanc, 5 min. 30 sec., 2006)
La division coloniale entre paysage et corps a été refusée, et la politique d’une nouvelle topologie a émergé. Une topologie qui concerne une géométrie échouée, imposée aux Great Plains au Canada. Ce film est un portrait esquissé dans un horizon infini, où un corps devient unité avec le paysage dans lequel il est tombé.
Untitled 2 (the last jew of edenbridge) (Vidéo, noir et blanc /couleur, 4 min. 30 sec., 2003)
Un portrait du dernier membre d’une colonie cultivatrice juive du Canada central qui garde au-dessus de tout les reliques précieuses d’un passé idéalisé.
Untitled 1 (prayerielandescape) (Vidéo, noir et blanc/couleur, 5 min., 2004)
Des rêves isolés des voitures détruites qui tombent à l’horizon.
Durée totale : 65 minutes











