Ceci étant dit, dans le même ordre et sans transition, Drawn and Quarterly sortira en mars 2 parutions très attendues :
Tout d’abord, le 11e numéro de
Optic Nerve
de Adrian Tomine est prévu pour la fin mars. Pour ceux qui ne le connaissent pas, Tomine est l’un des jeunes auteurs de la bande dessinée américaine les mieux établis dans le médium. Il partage son temps entre l’illustration en la littérature graphique, et un coup d’oeil sur une seule de ses planches permet de comprendre pourquoi on doit attendre un an en moyenne entre la parution des numéros de la série. Il est hyper-précis dans son dessin, écrit des textes très humains et crédibles et ne laisse jamais rien au hasard. Lui qui se contente habituellement d’écrire des récits qui tiennent en un numéro, il s’est lancé dans une "ambitieuse" trilogie puisque les numéros 9, 10 et (bientôt) 11 tournent autour du même groupe de personnages, un espèce de triangle amoureux avec en trame de fond le questionnement sur l’appartenance ethnique dans une société multiculturelle. Très intéressant et j’ai hâte de lire la conclusion.

Ensuite, c’est au tour de
John Porcellino
de se voir rééditer dans un format plus... accessible. Porcelino a été un des auteurs les plus intéressants de la vague du "DIY comix" (pour do-it-yourself) ayant eu cours après l’essoufflement de la vague underground des années 70 aux États-Unis. Déçus de voir les maisons d’éditions alternatives s’éteindre une à une, plusieurs auteurs ont pris le soin de s’auto-publier, généralement avec les moyens du bord... comme par exemple photocopier et brocher soi-même les pages de ce qui serait un petit fanzine distribué dans un petit réseau et par bouche à oreille. Or, les King-Cat comics de Porcellino ont atteint une renommée qui en a fait l’un des beaux succès de cette période précédant l’apparition de maisons d’éditions comme D+Q, fantagraphics, Kitchen Sink, Vertigo et toutes les autres qui ont enfin permis à la BD américaine de sortir des sentiers battus et de s’affirmer comme un art mature. D+Q a eu l’excellente idée de compiler les premiers numéros du comix de Porcellino dans un volume de plus de 300 pages, King-Cat Classix , question de permettre aux lecteurs de redécouvrir un auteur très talentueux. C’est très impressionnant de voir ce qu’il est parvenu à faire avec si peu de moyens : ses dessins sont si rudimentaires et minimalistes qu’il fait passer Hergé et sa "ligne claire" pour un hyper-réaliste, et ses histoires dépouillées d’artifices se révèlent très touchantes. À découvrir.

Finalement, on annonce sur le site de La Pastèque que Guy Delisle prépare une édition revue et très augmentée de Comment ne rien faire. En connaissant l’artiste et avec un titre pareil, je sens qu’on va rigoler...
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P.S. Je devrais peut-être dire un mot sur la mort de Captain America, mais franchement j’en ai rien à battre. Un héros avec des ailes sur le côté de son casque ça me dit pas trop et de toute manière on peut s’imaginer qu’il sera ramené à la vie d’ici un an. La mort n’a jamais empêché un super-héros de poursuivre ses aventures par le passé (Superman, quelqu’un ?)











