Ayant reçu beaucoup d’éloges lors de son passage au Festival de Cannes, Persepolis fait un arrêt de l’autre côté de l’Atlantique au Festival du Nouveau Cinéma. Le film, réalisé par Vincent Paronnaud avec l’aide de la créatrice de la bande dessinée du même nom Marjane Satrapi, présente une période de l’histoire d’un pays méconnu des occidentaux : l’Iran.

Les adaptations de bandes dessinées au grand écran semblent avoir le vent dans les voiles par les temps qui courent. Spider-Man et Sin City démontrent le meilleur, tout comme The League of Extraordinary Gentleman et Ghost Rider incarnent le pire. En supervisant le passage de sa fresque autobiographique du 9ème au 7ème art, Marjane Satrapi s’assure de la qualité de l’adaptation. La production n’est pas une reprise planche par planche de la bande dessinée, mais utilise d’une manière exquise les possibilités de l’animation. Les épisodes de la petite Marjane deviennent, à cet égard, un bel exemple d’une vision enfantine, non pas naïve, du monde.

Le récit autobiographique de la réalisatrice fait preuve d’une très grande sensibilité, en évitant le piège du cliché ou de la fausse morale. Les conséquences de la guerre, de l’exil ou du retour à la patrie pèsent lourd dans l’existence de l’artiste. Ainsi, sa vie personnelle et l’histoire tumultueuse de son pays d’origine deviennent inséparables. En ouvrant les portes sur une culture voilée (littéralement), l’œuvre s’inscrit dans une réflexion universelle sur la formation l’identité.
La réussite du film, tant au niveau du récit que de la réalisation, mérite d’être grassement soulignée. L’autoportrait que vous offre Marjane Satrapi, s’impose par sa simplicité et son authenticité, et gagne assurément à être vu.











