Nous savons maintenant que l’équipe nationale de soccer iranienne n’a pas fait long feu lors de la Coupe du Monde de 2006, perdant 3-1 contre le Mexique et égalisant 1-1 contre l’Angola au premier tour. Ils se sont toutefois, comparativement à l’équipe canadienne, qualifiés pour la très célèbre compétition et c’est dans ce contexte qu’Offside se déroule. Un huis clos se crée entre six femmes prisonnières de trois militaires pour avoir tenté d’entrer dans le stade dans le simple but d’assister au match qualificatif contre le Bahrain (une île à l’est de l’Arabie Saoudite). Selon la loi, les femmes n’ont pas le droit de pénétrer dans l’enceinte où les supporters masculins risquent de crier des injures offensantes...

- Certaines font tout pour cacher leur féminité...
De ferventes partisanes tentent tout de même, en se déguisant et en usant de maintes ruses, d’outrepasser les lois et de se mêler à la foule. Ont-elles raison de défier les lois, possiblement désuètes ou inéquitables ? Ou est-ce qu’une loi devrait être suivie à la lettre, sans exception et sans revendication ? La question n’en est pas une, évidemment, vous connaissez mon opinion sur le sujet, que je trouve d’ailleurs très intéressant et j’y reviendrai...

- ... Alors que d’autres ont moins d’effort à faire !
Ce débat est le coeur même d’Offside, sa raison d’être, puisque la fille du réalisateur Jafar Panahi a été contrainte de rebrousser chemin à l’entrée du stade lors du même événement, quatre ans plus tôt. Rusée, sa fille a tout de même réussi à se faufiler et à assister au match auprès de son père. Ne pouvant lui expliquer le pourquoi de cette loi, l’idée du film lui est venue et la dernière Coupe du Monde l’a incité à tourner en un temps record ce film revendicateur.
Évidemment menotté par les autorités et les instances gouvernementales, Panahi réussit tout de même à réaliser un film qui n’est pas un documentaire mais qui sera assurément porteur de conséquences. Il y a effectivement des dizaines, voire des centaines de femmes qui tentent d’infiltrer les stades, avec succès ou non. Elles risquent d’ailleurs l’emprisonnement... Offside met en scène ces avant-gardistes et celles-ci confrontent les militaires, ce qui laisse place à des discussions qui sont aussi concluantes qu’inutiles. Argumenter contre des militaires, voilà une belle perte de temps !

- À défaut d’être futé, ce jeune soldat sympathise avec les partisanes prisonnières
La loi, selon les autorités, tente avant tout de protéger les femmes qui pourraient être blessées ou offensées par les propos tenus par des milliers d’hommes qui, dans un contexte sportif, deviennent aussi bêtes et virils qu’un troupeau de bisons. Les insultes en plus. Remarquez, les Hooligans européens, fiers partisans prêts à tout pour défendre l’honneur de leur équipe à coup de battes de baseball et de poings américains, sont probablement pires que les fiers partisans iraniens. Pourtant, aucune loi ne régit l’entrée au stade. Pourquoi ? Tout simplement parce que si une femme (ou n’importe quel homme doté d’une carrure comparable à celle de notre rédacteur en chef) est assez insouciante pour aller se mêler à ces brutes, j’ai bien peur qu’il ou elle ne mérite son sort. Le jugement ne devrait-il pas primer sur la loi ?

- Golnaz Farmani, sous son chador
Je ne juge pas, je constate. Et Offside promet de belles discussions dans le futur ! Selon moi, les hommes ne souhaitent pas montrer aux femmes de leur entourage la faiblesse et la perversité de leur pensée, ce qui diminuerait leur pouvoir et leur autorité. Dans un pays où les hommes se doivent d’être infaillibles, ils sont contraints de se cacher pour camoufler leurs véritables pensées. Dans le fond, qui sont les vrais opprimés ?











