Man of the Year

Un Man on the Moon politique

Par chance, Robin Williams lance quelques répliques intéressantes...

Un film de Barry Levinson, avec Robin Williams, Christopher Walken, Laura Linney et Jeff Goldblum. États-Unis, 2006, 115 min.
L’Homme de l’année pour les francophones...

Sur un coup de tête et suite à une suggestion de la part de l’audience, l’animateur d’un Late Show tente sa chance et se lance dans la course à la présidence des États-Unis. Et, comble de bonheur, il gagne ! Robin Williams ne joue pas de rôle dans ce film, il est totalement lui-même, c’est à dire un papoteur incontrôlable... Imaginez Robin Williams à la tête d’un pays ! (Personnellement, j’aimerais beaucoup. Je voterais assurément pour lui.) Il mène donc une bonne campagne, zigzaguant entre la promotion des idées politiques et la libération du clown en lui, toujours fidèlement épaulé par un manager hospitalisé (interprété par mon idole de toujours, Christopher Walken).

Si l’élection d’un clown s’est vécue a plusieurs reprises, surtout en Amérique du Nord, il y a anguille sous roche et une technicienne de l’irréprochable nouveau système de vote électronique découvre une faille informatique (que je n’ai toujours pas saisie d’ailleurs, si quelqu’un peut m’expliquer). Elle tentera donc d’avouer au président élu qu’il ne l’est pas vraiment contre le souhait de la compagnie Delacroy de camoufler l’irrégularité. Cette moitié d’histoire, et c’est dommage, souffre d’inconsistance, elle est trop bâclée, voire inutile...

Le scénario est par ailleurs identique en plusieurs points au film l’Homme sur la Lune (de Milos Forman sur la vie d’Andy Kaufmann), que j’ai bien aimé mais qui est ici bizarrement adapté à la politique. Je m’explique, un comique, doublé d’un sidekick qui lui relance des idées (et qui se ressemble même un peu dans les deux films), entreprennent de relever avec succès un défi plus grand que nature. Carnegie Hall vs la Maison Blanche. Mais voilà qu’arrive la maladie ou un quelconque contre-événement qui fera douter l’homme, mais qui saura garder la tête haute et l’humeur fière. Avec une finale sur écran devant une foule médusée en plus. L’histoire d’un homme bien entouré qui réussit un tour de magie devant plusieurs millions de personnes. Si j’ai accroché sur ce parallèle entre les deux films, Man of the Year reste un petit film sympathique.

Le scénariste aurait eu intérêt à pousser la parodie et l’ironie plus loin, cela aurait été souhaitable pour le résultat final : un film moyen, supportable, rigolo, amusant, inconstant. Bref, il devrait être le dernier choix sur votre coupon trois pour le prix de deux, en location, un mercredi soir pluvieux. Un film prévisible qui réussit tout de même à soulever une question d’éthique personnelle par rapport à une fraude connue de nous seul.

lundi 2 avril 2007, par François Gélinas

P.-S.


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