Mad Detective

Du surréel sur du surréel

Un heureux mélange entre Identity et Infernal Affairs, laqué d’une fine couche de d’autodérision, Mad Detective s’avère une enquête hors de l’ordinaire.

Réalisé par Johnny To et Ka-Fai Wai, avec Ching Wan Lau et Andy Oh, Hong-Kong, 2007, 89 min.

Quand un policier disparaît sans laisser de traces, le dossier est refilé à l’inspecteur Ho après 18 mois sans piste concluante. Pourtant, l’arme du disparu refait surface, et l’inspecteur décide rendre visite à son ancien mentor : Bun. Cependant, celui-ci semble avoir perdu la boule puisqu’il hallucine sa femme, et affirme pouvoir voir les différentes personnalités des personnes qu’il rencontre. Au fur et à mesure qu’il fait enquête, le mystère se dévoile au gré des situations loufoques, à la limite de l’impensable.

Johnny To s’associe avec Ka-Fai Wai pour la réalisation de Mad Detective, et c’est sûrement pourquoi celui-ci imbrique deux genres dans cette production déjantée, flirtant avec l’ésotérisme. Ainsi, la trame d’enquête policière semble toujours obstruée par la lubie surnaturelle de l’ex-enquêteur Bun. Pourtant, si le ton s’impose d’entrée de jeu avec le dialogue de celui-ci : « Don’t use your rationality, use your emotions ! ». Exit la traque scientifique à la CSI, toute la place est occupée par une méticuleuse reconstitution émotive, qui ne fait qu’appeler la comédie noire et le rire en coin de bouche. Entrevoyant les multiples personnalités du suspect numéro 1, soit le partenaire du disparu, on ne peut que s’émerveiller de toute la marginalité dans laquelle cette production baigne. Les différents revirements et la folie du détective en font une investigation jamais banale, tout en gardant une certaine guerre psychologique que se livre l’être humain à soi-même. Aussi, ceux qui apprécient Johnny To, adoreront le dénouement du film, qui ne manque pas de balles perdues.

Un heureux mélange entre Identity et Infernal Affairs, laqué d’une fine couche de d’autodérision, Mad Detective s’avère une enquête hors de l’ordinaire. En fait, je me demande même comment Johnny To a réussi à avoir le feu vert pour ce scénario.

samedi 12 juillet 2008, par François Petitclerc

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