Avec la sortie d’une dizaine de long-métrages, l’année aura été faste pour les animateurs 3d. Étonnamment, même les productions les plus modestes, qu’on pense à Ant Bully ou Barnyard, atteignent un niveau de qualité graphique intéressant. Autrement dit, le fond du baril est moins creux qu’avant.
Monster House symbolise le pire et le meilleur du cinéma d’animation de la cuvée 2006. La complexité de ses images mouvantes construites grâce à la mocap (comme pour The Polar Express) jumelé à un traitement qui, avec des lunettes polarisées, donne une illusion tridimensionnelle, impressionneraient même le plus irréductible défenseur du cinéma vérité. Toutefois, le réalisateur Gil Kenan semble plus intéressé à construire des scènes d’action faciles à reproduire dans des jeux vidéos qu’à raconter une histoire significative.
De ces cas, Over the Hedge représente l’apothéose. Son intrigue, se prêtait bien à une critique de la société de consommation. En revanche, les cinéastes optèrent de promouvoir des valeurs banales comme l’amitié et l’entraide, plutôt que la simplicité volontaire. Peut-être qu’à notre époque Jean de la Fontaine aurait fait la même chose pour ne pas nuire à la vente de ses produits dérivés...
Malgré tout, quelques exceptions s’imposent tel Cars de John Lasseter ou Happy Feet de George Miller. Ce dernier doit être fier que les conservateurs américains critiquent les éléments subversifs de son film de pingouins.
On se souviendra de 2006 comme de l’année du style primant sur la substance. Même les films pour les plus vieux comme Renaissance ou Final Fantasy Advent Children souffrent du même mal. À moins que Arthur et les Minimoys de Luc Besson ne change la donne juste avant le Jour de l’an (permettez-moi d’en douter), aucun titre de 2006 ne pourra se targuer d’être incroyable comme Les incroyables.











