Le Retard, de Barbara Yelin

Et Jean qui se fait attendre

De l’attente naîtra l’intérêt...
Ou l’ennui.

Le Retard, de l’Allemande Barbara Yelin (textes et dessins). Paru en juin 2006 aux éditions de l’An 2 dans la collection Traits féminins, 22 x 30 cm, 84 pages en couleurs (mais surtout en gris).

Barbara Yellin scénarise et dessine une histoire langoureuse, somptueuse et lascive dans sa deuxième oeuvre publiée, Le Retard. Mona, Daniel, Chris, Gérard et Charlotte ont rendez-vous chez Jean pour des retrouvailles après une quinzaine d’années de séparation. De vieux camarades d’études qui ont chacun vécu séparément de petites ou de grandes aventures et qui se retrouvent enfin, dans une petite maison d’une campagne qui les aura vu grandir, maturer, puis partir. Toute une fin de semaine de réjouissances ! Mais l’hôte est en retard.

Dans l’attente, chacun prend le temps de se retrouver, de raconter son cheminement, de se remémorer de vieux souvenirs... Que faire d’autre à part bien manger et boire du bon vin ? Quelques conflits, des accrochages, de vieilles querelles déterrées, mais aussi des rapprochements, des rires... La pluie, le vent et le soleil. Et Jean appelle, il n’arrivera que demain finalement.

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Ce huit-clos psychologique met en scène des personnalités fortes, des comportements différents, des attitudes discordances dans un français malheureusement banal. En bande dessinée, je m’attarde plus aux textes, aux dialogues, qu’à l’aspect visuel. C’est normal, je suis un piètre dessinateur. Peut-être est-ce la traduction qui fait défaut, mais les textes sont ici mièvres, bancals et sans grand intérêt. Et c’est dommage. On s’attend à mieux. L’idée de base est bonne, par contre, et fort bien exploitée d’ailleurs.

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Les dessins, quant à eux, sont d’une esthétique rare pour du crayonné. Composés de quelques couleurs et de beaucoup de gris, les traits sont habilement grossiers et étirés. L’impression qui en ressort est formidablement réussie, et colle très bien à l’intention de l’auteur. Barbara Yellin maîtrise ses dessins, de véritables chefs-d’oeuvre, qui accompagnent très bien la lenteur du récit. L’utilisation avec parcimonie des quelques couleurs rend vivante les planches qui seraient, sinon, trop sombres et mélancoliques.

Le Retard se lit avec une facilité désarmante. Particulièrement conseillé pour un petit dimanche gris, avant de sortir prendre l’air.

samedi 14 avril 2007, par François Gélinas

P.-S.


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