« J’ai dans mes mains les derniers mots de sa courte existence. » Félix s’est offert la mort dont il rêvait depuis longtemps. Un bon matin, il dépose son meilleur ami Ludovic devant chez lui, encore gris de la fête de la veille, et s’asphyxie au CO2 à l’aide d’un tuyau de balayeuse dans sa voiture. Juste devant le fleuve, sur le quai, pour avoir une belle vue avant de s’endormir pour toujours.
La vie de banlieue peut être difficile pour les jeunes. L’autorité parentale, les voisins, les professeurs, tous sont censés incarner la raison et le modèle de vie, mais ils ne sont visiblement pas heureux. Être adolescent n’est pas facile. L’apprentissage des responsabilités et l’interaction avec les plus vieux comportent des défis. Félix n’a pas eu le courage de poursuivre son chemin. Par son action, il a bouleversé le parcours de Ludo.
Je voudrais me déposer la tête, le premier roman de Jonathan Harnois, est une œuvre salvatrice explorant les sentiments des proches d’un suicidaire ayant passé à l’acte. Des premières écritures, très sombres, est né un chef d’œuvre lumineux, inspirant. Le livre de Jonathan Harnois a, de ce fait, été adapté au théâtre par le metteur en scène Claude Poissant pour être présenté à l’Espace Go du 27 mars au 21 avril 2007. Avec l’aide de trois jeunes acteurs masculins (Christian Baril, François Simon T. Poirier et Étienne Pilon) et de deux actrices de soutien féminin (Sylvie de Morais Noguera et Annick Bergeron), la pièce Le Lendemain de la fête connaitra un franc succès.
Entre en jeu Stephan Miljevic, qui signe ici son premier long métrage, en proposant aux cinéphiles une œuvre coup-de-poing, à mi-chemin entre le documentaire et le film d’art et d’essai. Entrecoupé de scènes fictives basées sur le roman de Jonathan Harnois, Le Lendemain de la fête suit le parcours de la production de la pièce de théâtre, des auditions jusqu’à la première en mars 2007. À cela s’ajoutent de courts témoignages de gens ayant perdu un être proche.
Parler du suicide est difficile. Le Lendemain de la fête cherche à ouvrir la discussion, à exorciser nos plus grandes douleurs, à confronter nos pires tabous, à mieux nous comprendre.











