Les fictions animalières forment un genre des plus particuliers. Ces oeuvres impressionnent en montrant le spectacle de la nature et agacent en introduisant des émotions et valeurs humaines dans un monde qui ne les nécessitent pas.

La rivière aux castors ne diverge pas de cette recette douteuse. Benoît Brière (bien connu pour ses pubs de Bell) raconte l’histoire d’un courageux castor (emblème de Bell) qui, après avoir dérivé dans les rapides d’un cours d’eau, cherche à retrouver sa famille. Les interventions répétées du narrateur donne l’impression d’écouter un papa qui récite à ses enfants un conte pour les endormir.
Heureusement, les formidables images forcent le spectateur à garder les yeux ouverts pendant les 77 minutes que dure le film. Vaillant castor, bébé lynx, ours pataud, méchants loups, vilaine loutre et grand duc forment une distribution à la fois charmante et menaçante. Le cinéaste Philippe Calderon place des caméras dans les endroits les plus inaccessibles (sous l’eau, dans la hutte, dans des troncs d’arbre) pour suivre les faits et gestes des « cinq sous ». Même dans des conditions difficiles, l’image demeure d’une netteté irréprochable.

Pour accompagner l’aspect visuel extraordinaire, la trame sonore signée Frédéric Weber s’inspire des Looney Tunes. Manquant de subtilité, la musique excessivement expressive dicte trop souvent le ton de la production. Elle est brièvement interrompue par une chanson du groupe Mes Aïeux. Bien que le morceau ne soit pas désagréable, son inclusion maladroite pue l’opportunisme commercial.
Moins pertinent qu’un documentaire animalier, cette oeuvre plaira principalement aux enfants dégoûtés par les anthropomorphes des dessins animés populaires. Or, à en juger par le succès de Ratatouille, ils ne doivent pas être très nombreux.











