Je rêve d’un monde multilingue. Je rêve d’un monde dans lequel nous connaissons toutes les langues universelles (bon, mettons les dix plus importantes). Comme ça, un film où le personnage voyage au Japon parle japonais avec la population, même si c’est un film allemand que nous visionnons dans notre salon francophone. Utopie ? Probablement, mais les rêves doivent bien servir à quelque chose, non ?

La transition est facile. Les rêves, et la science méconnue de ceux-ci sont à l’honneur dans ce film particulièrement étrange. Comment camper l’histoire de La Science des rêves ? Bon. Il y a un personnage principal, Stéphane Miroux, un hispanophone interprété par le convoité Gael García Bernal (Santiago dans Babel, Y tu mamá también, La Mala educatión, et qui réalise en ce moment Déficit, son premier long métrage). Il y a aussi sa voisine, Stéphanie, interprétée par la sublime Française Charlotte Gainsbourg (Lemming, Ma femme est une actrice, 21 grams).
L’histoire se déroule principalement en France, mais aussi beaucoup dans la tête de Stéphane Miroux (entendons-nous bien, littéralement dans la tête de celui-ci). Les dialogues du film sont en anglais, avec des sous-titres français. D’où l’introduction... Je n’y comprends plus rien. On est en France. Le premier rôle masculin est hispanophone. Son équivalent féminin est francophone et tous les autres personnages le sont aussi. C’est une coproduction France/Italie, alors pourquoi les dialogues sont anglophones ? Et ce n’est pas mon lecteur DVD qui me joue des tours, je vous assure. Je pourrais facilement dire que j’en perds mon latin, mais je ne le ferai pas parce que ce serait trop facile.

D’accord, mais l’histoire dans tout ça ? Et bien, c’est la partie compliquée... Un peu à la manière de Changement d’adresse, on nous propose un film sur la maladresse d’un homme face à la rencontre avec une femme. Un homme qui a des problèmes de sommeil, qui agit inconsciemment quand il dort. Un homme qui, selon moi, vit trop dans sa tête. Un homme extrêmement créatif, inventif, mais qui gaffe constamment en compagnie des autres. Et j’ai beaucoup de misère à aimer ce genre de personnage. Comme si je n’y croyais pas, comme si sa façon d’agir remettait constamment en doute la raison d’être du film. Et ce n’est jamais bon signe de remettre en question la qualité d’un film.

Toutefois, je l’ai écouté jusqu’à la fin. Mais je crois que c’est plus par persistance et par conviction qu’une histoire est incomplète tant qu’on n’atteint pas la fin. Et non pas parce que j’ai apprécié l’oeuvre... La présence de Charlotte Gainsbourg et l’aspect grotesquement intéressant des maquettes sauvent le peu de respect que j’ai pour ce film.












