La Bataille de Rabaska

Rabaska 1 – Rabat-Joie 0. Score final.

« Si Félix verrait ça », s’exclame le chanteur Yves Lambert, parlant du gâchis paysager qu’occasionnerait le projet Rabaska aux habitants de l’île d’Orléans.

Un documentaire de Magnus Isacsson & Martin Duckworth traitant de l’implantation du projet de port méthanier près de Lévis et de l’opposition des habitants voisins au site, Québec, 2008, 78 min.

De David contre David en 2004, c’était plutôt devenu Goliath contre Goliath en 2007 avant que les habitants de la ville de Beaumont ne perdent totalement espoir, donc le combat, face au géant Gaz Métro et son projet de terminal méthanier de Rabaska. Contre toute attente, ou du moins contre toute espérance, les décideurs et membres de différents paliers gouvernementaux ont donné leur accord à l’implantation du projet, pourtant maintes et maintes fois déconseillées par plusieurs experts environnementaux et sociaux de partout en Amérique du Nord.

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Les risques sont immenses et l’exemple des États-Unis sera certainement à suivre

Le projet du port méthanier de Rabaska se situera près de Lévis, à la frontière de la ville de Beaumont, sur la Rive-Sud et sera visible de l’île d’Orléans. Or, selon les conseils de Thomas Mulcair qui donne en exemple les mégaprojets similaires aux États-Unis, il est important, primordial, capital même d’éloigner les terminaux méthaniers des bassins de population. En cas de catastrophe ― les probabilités sont minimes, mais les risques présents― les explosions de gaz naturel liquide peuvent ravager jusqu’à dix kilomètres à la ronde. C’est ce que les habitants et les familles de Beaumont craignent plus que tout. Au-delà de l’exploitation économique forcée aux Canadiens français bonasses, plus que la destruction d’un paysage, que l’on comparera bientôt à Montréal-Est, c’est le danger potentiel du projet qui inquiète la coalition Rabat-Joie et ses protagonistes.

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Sur les rives du Saint-Laurent, les opposants manifestent tant bien que mal leur mécontentement

Les réalisateurs signent ici un documentaire très, voire trop informatif et peinent à garder le rythme en suivant la lutte acharnée que livre les opposants au projet. Le sujet est certes digne d’intérêt. De plus, les images et les personnes clés interviewées pour La Bataille de Rabaska sont toutes charismatiques et capables de s’exprimer devant la caméra, ce qui facilite grandement l’avancement du propos. L’approche linéaire et chronologique, par contre, rend monotone l’écoute du documentaire. Je comprends que ce soit la façon classique de traiter un tel sujet, une approche créative et insolite aurait été bienvenue.

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Yves St-Laurent, père de trois enfants, a tout donné pour contrer les intentions de Gaz Métro

À des milles à la ronde des documentaires à la Michael Moore, et c’est loin d’être un reproche, La Bataille de Rabaska est une œuvre importante, et quiconque s’intéresse à l’avenir écologique et économique du Québec (et de la planète) devrait prendre le temps de le visionner. L’aspect sociologique est aussi fort intéressant, quand les différents militants dénoncent les dangers et les raisons pourquoi ils croient lutter pour leur survie et celle de leurs enfants. Notons que le principal intéressé du côté des habitants de Beaumont, Yves St-Laurent, a quitté le pays suite à l’annonce de l’implantation du port méthanier. L’affront était-il trop grand ? Ou les risquent d’explosion seront-ils trop grand ? Ou bien serait-ce un découragement par rapport aux décisions souvent décevantes d’un gouvernement faussement socialiste et sournoisement capitaliste ?

mardi 9 décembre 2008, par François Gélinas

P.-S.

La Bataille de Rabaska est présenté jusqu’au 18 décembre à la Cinérobothèque de l’ONF, du 12 au 18 décembre au Cinéma du Parc, mais durant tout le mois de décembre au Cinéma Cartier de Québec.


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