L’Ivresse du pouvoir

Un bon film français comme on les aime

« Ce film ne prétend pas montrer une réalité connue. Toute ressemblance avec des personnalités existantes serait, comme on dit, fortuite. » Hé hé hé...

Un film de Claude Chabrol, avec Isabelle Huppert, François Berléand et Patrick Bruel, Coproduction Allemagne-France, 2007, 110 min.

Le titre ne pourrait pas mieux présenter le film. L’ivresse du pouvoir, mais à quel prix ? L’insensible et très professionnelle juge d’instruction Jeanne Charmant-Killman (Isabelle Huppert, qu’on a pu voir entre autres dans 8 Femmes et Les Palmes de M. Schutz) l’apprendra à juste titre. Ou peut-être pas, en fait. Cette femme droite, intègre, assoiffée de vengeance et de justice s’en prend aux magnats de ce monde. Fini les pots-de-vin, fini les fausses factures, les bijoux achetés à même la carte d’entreprise. Mais pour ces P.D.G., « l’argent, c’est l’huile qu’on met dans le rouage ».

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Michel Humeau, interprété par François Berléand (Rachin, dans Les Choristes), est donc arrêté pour abus de biens sociaux, abus de confiance, présentation de comptes inexacte (et bien plus), mais ne servira que d’exemple puisque la juge s’attaque en fait à toute la machine graissée par l’argent. Ça vous rappelle les commandites ? Moi aussi. Je sais que ça a toujours existé (les détournements de fonds, les magouilles financières) et je crois fermement que ça fait partie du jeu. J’en suis convaincu. L’argent doit rouler, ne doit surtout pas stagner et quand on a du pouvoir, et bien on choisit qui aura le pognon et quand on n’a aucun pouvoir (économique j’entends, et non socialement parlant), on fait la file pour échanger son chèque...

« Ce film ne prétend pas montrer une réalité connue. Toute ressemblance avec des personnalités existantes serait, comme on dit, fortuite »

Le film débute avec cette phrase écrite à l’écran. Le réalisateur Claude Chabrol s’explique. « Je l’ai fait [parlant du film] surtout pour indiquer au spectateur qu’il faut se laisser porter par des ressemblances éventuelles, mais pas les rechercher. [...] Pour autant, sans qu’il y ait de personnes bien définies par la réalité dans l’histoire, le film laisse entendre qu’il existe quand même, parmi ceux qui ont le pouvoir... »

Cela dit, un jeu d’acteur mémorable. De la justesse, comme on peut s’y attendre d’un bon film français. On y croit, à tout. À l’intégrité des « bons » comme aux mensonges des « profiteurs ». Même Patrick Bruel est impeccable !

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Jacques Boudet est aussi remarquable en tant que Descarts, parain mafieux ou sénateur ?

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Thomas Chabrol (fils du réalisateur) offre aussi une très belle prestation dans le rôle du neveu de la juge qui vient l’épauler quant elle en a le plus besoin, c’est-à-dire tout le long de son parcours.

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Et quelle belle morale dans ce film qui ne finit pas vraiment. L’ivresse du pouvoir, quitte à laisser de côté la vie personnelle. Un choix qui sera toujours troublant...

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mercredi 21 mars 2007, par François Gélinas

P.-S.

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