Si le documentaire Kurt Cobain : About a Son se décrit difficilement en quelques mots, il se ressent pendant des heures, des jours suite au visionnement. Extrêmement zen, hautement artistique, cette vision nouvelle de la vie qu’avait Kurt Cobain représente une oeuvre monumentale en son genre.

Entre décembre 1992 et mars 1993, le journaliste musical Michael Azerrad a rencontré à quelques reprises le défunt chanteur du groupe Nirvana, Kurt Cobain, pour l’écriture du livre Come As You Are : The Story of Nirvana. Le réalisateur AJ Schnack a mis la main sur plus de 25 heures d’enregistrements pour ensuite faire ressortir des thèmes, tantôt sociétaux, souvent personnels sur cette icône du rock décédé volontairement le 5 avril 1994.

Alors que Kurt Cobain nous parle de sa jeunesse, de sa carrière, de son couple, de sa famille, du rock, de la drogue, de ses joies et de ses peines, défile à l’écran une rafale de plans fixes inspirés des sujets abordés par le chanteur. Le résultat est impressionnant, la complémentarité du visuel, tourné entièrement en 35mm, et de l’auditif se fait à merveille. L’un sans l’autre serait probablement terne, voire même déprimant.

Mais attention ! Ce n’est pas une oeuvre sur le groupe, ni même sur le chanteur en tant qu’artiste. Il n’y a donc pas de musique de Nirvana (mais plutôt des pièces musicales encore une fois inspirées du monologue de Kurt Cobain), il n’y a pas non plus d’extraits visuels de tournées, du groupe, de photos de famille ou d’archive. Enfin si... il y en a, c’est en fait le but recherché du documentaire. Le réalisateur AJ Schnack s’est demandé comment dénaturer, dénuder une vedette hypermédiatisée comme son sujet. Comment montrer Kurt sans Cobain, sans Nirvana ? Le résultat y est, par l’intimité créée avec l’individu, on voit le personnage sous un oeil nouveau, sans les préjugés dont les médias l’ont affligé quand, en finale, on redécouvre le visage du chanteur.

Kurt Cobain : About A Son est définitivement une oeuvre documentaire à vivre, que l’on connaisse tout du chanteur ou qu’on ait jamais entendu parler du groupe. Chacun y trouvera son compte. Tout le monde en sortira ébahi, transformé, zen et pensif.











