Kaspar

Une BD-ographie

Diane Obomsawin présente en quelques 96 pages les grands et petits moments de la vie de ce personnage fascinant élevé dans une grotte à l’abri de la lumière et loin du contact d’autres êtres humains.

En 1828, un jeune homme nommé Kaspar Hauer apparaît dans les rues de Nuremberg. Pratiquement illettré et aux capacités motrices réduites, l’étrange personnage a été élevé dans une grotte à l’abri de la lumière et loin du contact d’autres êtres humains. Le long apprentissage de la vie et ses subtilisés par Kaspar et la curiosité qu’il suscitera sur ses contemporains sont relaté dans cette bande dessinée biographique.


L’oeuvre de Diane Obomsawin (Obom pour les intimes), artiste québécoise travaillant également dans le domaine de l’animation, présente en quelques 96 pages les grands et petits moments de la vie de ce personnage fascinant, déjà évoqué dans plus d’un bouquin (notamment City of Glass de Paul Auster). Le récit biographique ne regorge pas de détails superflus : Obom a plutôt optée de constituer un portrait du personnage à travers de petites anecdotes rendant compte de la naïveté du personnage, comme lorsqu’il tente d’agripper la flamme brûlante d’une chandelle ou qu’il ne comprend pas qu’un pommier puisse être secoué par l’action d’une force invisible (en l’occurrence, le vent).

La simplicité graphique qui caractérise le style d’Obom sied parfaitement à cette approche, les personnages peu détaillés et la quasi-absence de décors font écho à la pensée pour le moins singulière de Kaspar. Le ton d’écriture très naïf employé tout au long du récit (Kaspar assure la narration de sa vie) est également très bien mené et efficace.

Cette « biographie-bd » n’a pas la même ampleur que le Louis Riel de Chester Brown ni la même profondeur psychologique que L’ascension du haut mal de David B, mais le choix original de relater l’existence fascinante de Kaspar Hauser depuis son propre point de vue résulte en une oeuvre dont la densité est moindre mais dont la portée est égale aux autres exemples mentionnés. La forme dépouillée privilégiée par Obom rend bien la curieuse perception du monde, d’une innocence rafraîchissante et d’une candeur désarmante, de l’ultime marginal.

DRAWN AND QUARTERLY VIENT DE FAIRE PARAÎTRE LA TRADUCTION EN ANGLAIS DE KASPAR (DISPONIBLE EN FRANÇAIS CHEZ L’ÉDITEUR L’OIE DE CARVAN)

LE LANCEMENT DE KASPAR AURA LIEU LE 3 FÉVRIER 2009 À 19H00, À LA LIBRAIRIE D+Q, 22 BERNARD OUEST. L’AUTEUR SERA PRÉSENTE ET UNE PROJECTION DE SES FILMS D’ANIMATION EST PRÉVUE.

vendredi 30 janvier 2009, par Gabriel Tremblay Gaudette

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