Il aura fallu 19 ans pour avoir un quatrième volet à la série du célèbre archéologue. Avec Indiana Jones and The Kingdom Of the Crystal Skull, Spielberg ne réinvente pas la roue, toutefois les fans seront comblés.
Au milieu des années 1950, dans l’apex de la guerre froide, une brigade de communistes kidnappe Indiana Jones et son compagnon Mac (Ray Winstone), afin de retrouver dans les caisses secrètes du gouvernement un cadavre momifié aux propriétés quelque peu bizarres. Après avoir réussi à s’échapper indemne de cette situation fâcheuse, Indiana rencontre un jeune « greaser » nommé Mutt (Shia Labeouf) qui lui transmet un message codé provenant d’un ancien collègue signalant l’emplacement d’un mythique crâne de crystal. Or, le contingent de camarades soviétiques, mené par Irina Spalko (Cate Blanchett), semble intéressé, eux-aussi, à ce mystérieux artefact. L’aventure se poursuit dans la jungle sud-américaine et conduira le professeur Jones aux confins de la civilisation maya. En cours de route, les nombreuses surprises et rebondissements s’accumuleront, mais tout de même : c’est un film d’Indiana Jones !

D’entrée de jeu, on ne peut dire proprement que cette quatrième installation manque sa cible. Le scénario insère les aventures du personnage de façon logique et on ne tombe jamais dans la facilité. La récurrence de certains éléments met le sourire aux lèvres avec le retour du premier amour d’Indy et sa peur incontrôlable des serpents. Il y a aussi quelques petites trouvailles dans le récit qui auraient pu facilement tomber à plat, comme la paternité de l’archéologue. Cet élément génère des portes de sortie sur des situations difficiles et jamais Spielberg ne plonge dans le mélodrame, pour toujours viser la résolution de la quête du personnage. Indiana Jones and the Kingdom of the Crystal Skull ne manque pas d’action. Quand on pense que le premier film de la série avait remis sur la carte le film d’aventures, ce dernier ouvrage s’en tire plutôt bien dans un genre plus ou moins assimilé avec le film familial (ici, je pense à National Treasure et Pirates of the Carribean). Aussi étonnant que cela puisse paraître, Spielberg délaisse beaucoup ses penchants familiaux au profit des péripéties et des aventures. Le résultat donne aux fans ce qu’ils réclament depuis presque deux décennies : un vrai film d’Indiana Jones.

Pourtant, cette nouvelle production n’est pas sans faille. Ainsi, si certains pensent que seul Harrison Ford peut porter les culottes du héros, d’autres le trouveront un peu vieillot et chancelant. Personnellement, ce n’est pas tant Indy qui fait vieux, mais en additionnant le personnage de Marion (Karen Allen) et son ancien collègue (John Hurt), Shia Labeouf à l’air d’avoir douze ans tellement il détonne avec le reste de l’ensemble un peu ridé. Il y a aussi le problème des effets spéciaux par ordinateurs. Même si Spielberg avait indiqué qu’il n’y aurait pas outrance, le peu qu’il contient prend trop de place et rajoute à l’exagération dans une série qui n’en manquait déjà aucunement. Quand on pense qu’Indy survit à une explosion nucléaire grâce à un réfrigérateur, je me dis qu’il faut vraiment être en 2008 pour faire une blague de bombe atomique. Cela dit, si l’intrigue du film suit une linéarité simple et agréable, le mythe et l’histoire du leitmotiv semblent tout droit tirés d’une revue sur le paranormal. Or, les trois premiers volets s’édifiaient sur des légendes étudiées. Pour ce quatrième chapitre, Spielberg a décidé de bâtir sur une théorie farfelue d’implication extra-terrestre dans le développement de la culture maya. Au final, on manque cette étincelle qui permet de nous faire croire à cette quête, et aux extravagances du personnage.
Indiana Jones and the Kingdom of the Crystal Skull pêche de nombreuses fois par excès. Néanmoins, si vous allez voir les cascades, bagarres, et folies de votre aventurier favori par frais de nostalgie, ce dernier volet vous plaira.











