Incha Allah de Ben Vandoorne montre le voyage initiatique du réalisateur dans le désert du Sahara. Filmé sans subsides de quelconque établissement, la production tient déjà du miracle avant même d’avoir commencé.
Le long métrage s’ouvre sur des images en noir et blanc prises par une vieille caméra qui montrent un gamin s’élançant vers son père. Ce petit enfant devenu grand n’est nul autre que Ben, le réalisateur, qui présente son odyssée à travers le désert. Armé d’une caméra numérique, il tournera lui-même son parcours. Ce style intimiste se prête aux desseins du cinéaste qui privilégie le « voice over » pour garnir les images d’informations ou enregistrer une confession.
Au cours de cette traversée de 5000km à travers 5 pays, où chaque embûche pourrait lui être fatale, Ben fait de nombreuses rencontres. La plupart de celles-ci sont d’origine animale, très peu d’hommes vivent dans le désert. Cependant, Ben accepte volontiers l’hospitalité, mais refuse catégoriquement toute forme d’accompagnement durant son voyage. Lui-même sait pertinemment que cette traversée doit être parcourue en solitaire. Les diverses mésaventures recentrent sa personne dans sa fragilité, mais aussi dans son effort de continuer.
Après avoir fait le chemin d’une mer à l’autre, Ben ne peut vraiment tout raconter sur pellicule. Il partage cependant la lecture d’une lettre que son père lui a laissée avant de mourir. Elle affiche « Pardonne-moi Ben, je t’aime. Papa. ». Le réalisateur avoue l’absence de ces mots dans la bouche de son paternel, maintenant décédé. Cette lecture amènera la confession et le but réel de cette aventure dans le désert, soit la gratitude de son père. Ici donc, les premières images refont surface pour questionner le geste d’aimer.
Le voyage lui apporte une meilleure connaissance de lui-même, mais ne lui permet pas de réclamer cet amour familial perdu.











