La dernière platée servie par Eli Roth baigne dans une sauce de lieux communs, mais quelques nouveaux ingrédients, qui faisaient cruellement défaut à la recette du premier service, nous sauvent de l’indigestion.
La prémisse de Hostel : Part II, identique à celle du premier volet à l’exception du sexe des protagonistes, ne réinvente absolument rien. Les fillasses de circonstances (la tronche introvertie, la conasse délurée et la normale de service), déambulent en Europe de l’Est et aboutissent dans une auberge de jeunesse en Slovaquie. Elles ne savent pas que le réceptionniste de l’établissement, sous ses airs de garçon timide, sert de revendeur pour une usine à torture dans laquelle les puissants de ce monde peuvent s’adonner à leurs plus sordides perversions. Les enchères commencent alors pour déterminer qui aura le plaisir de trucider le trio d’innocentes victimes et Roth nous amène ici un élément assez innovateur pour le genre.

- Lorna (Heather Matarazzo)
En parallèle à l’histoire, somme toute assez nulle et prévisible des trois jeunes filles, Hostel : Part II intègre celle des deux hommes qui remportent la mise et qui se préparent à venir tuer les demoiselles. Todd (Richard Burgi), décidé et viril, et Stuart (Roger Bart), hésitant et maniéré, traversent l’Atlantique en se conditionnant à commettre ce qu’ils perçoivent comme l’acte de libération masculine suprême. Leurs motivations demeurent assez banales et les personnages ne sont pas particulièrement développés, mais l’idée de nous présenter les gens normaux derrière les tueurs sadiques amène un souffle rafraîchissant dans ce délire de gore facile.
Le jeu grossier de l’ensemble de la distribution est risible, mais l’énergie palpable entre les deux tueurs en vestons-cravates amène un aspect burlesque qui, étonnamment, ne détonne pas trop. Que les deux acteurs sortent tout droit de Desperate Housewifes (l’ex-mari de Susan et le pharmacien sociopathe de Bree) rend le couple encore plus cabotin, un peu à la manière de Laurel et Hardy, et démontre bien jusqu’à quel point le film ne se prend pas trop au sérieux.

- Whitney (Bijou Phillips)
Eli Roth n’est encore qu’un réalisateur en apprentissage, mais son sens de la construction visuelle pour le sordide est assez bien affiné. Les séquences de supplice, plus léchées et mieux contrôlées que dans le premier Hostel, deviennent cependant un brin trop propres dans ce nouvel épisode et Roth perd un temps monstre à les installer. Trop d’accent est mis sur la tension complètement ratée entre prédateurs et proies et on s’ennuie ferme devant ces actrices qui jouent les victimes de pacotille, malgré les tenues affriolantes de Bijou Phillips. Le spectateur est là pour voir les filles supplier et saigner, et non pas faire une balade en chaloupe ou prendre des cours de dessin.

- Todd (Richard Burgi)
Le temps passé devant Hostel : Part II, n’est pas complètement perdu et la résolution assez surprenante rend l’expérience relativement satisfaisante pour les amateurs de dégoût bon marché. Le film gagne à être comparé au premier, parce que son réalisateur a su intégrer assez de nouveaux éléments pour intriguer, en dépit d’une écriture extrêmement maladroite qui foisonne de redites éculées. N’empêche que défendre ce film, c’est un peu comme défendre un reflux gastrique en prétextant qu’il ne goûtait pas aussi mauvais que le précédent ; il n’en demeure pas moins un reflux gastrique.











