La cinquième aventure du jeune sorcier s’ouvre sur un Harry Potter laissé à lui-même, hanté par la mort de Cedric Diggory dont il a été témoin à la fin de Harry Potter and the Goblet of Fire. Le ministère de la magie ne semble pas vouloir accepter ses dires sur le retour de Voldemort et Dumbledore, qui soutient Harry, devient persona non grata. À Hogwarts, Harry et ses deux amis Ron et Hermione doivent affronter l’hostilité des autres élèves, qui soupçonnent également Harry de mentir, et leur nouveau professeur de défense contre la magie noire, Dolores Umbridge. Envoyée spécialement par le ministère pour veiller au maintien de l’ordre dans l’école, Umbridge se place continuellement sur le chemin de nos héros et ne s’empêche pas de leur mettre des bâtons dans les roues. Mais Harry est aussi tourmenté par de sinistres cauchemars qui sembleraient indiquer un lien encore plus étroit qu’on ne le croyait entre lui et « Celui Dont On Ne Doit Pas Prononcer Le Nom ».

- Ron (Rupert Grint), Luna (Evanna Lynch), Neville (Matthew Lewis), Hermione (Emma Watson), Harry (Daniel Radcliffe) et Ginny (Bonnie Wright).
Suivant les traces pas toujours nettes de Chris Columbus, Alfonso Cuarón et Mike Newell, David Yates s’attaque à la tâche doublement délicate d’adapter le plus volumineux des livres de J.K. Rowling, tout en devant maintenir un degré de qualité de plus en plus élevé. En plus d’être la plus imposante aventure d’Harry Potter, The Order of the Phoenix est sans doute aussi le plus statique (une façon polie de dire le plus plate). Heureusement, en coupant généreusement dans le gras des délires balzaciens de l’auteure exponentielle, Yates réussit le tour de force de pondre un film relativement concis (2h18, quand même), moins brut et coincé que les deux premiers opus de Columbus, d’une fluidité qui manquait à The Goblet of Fire, tout en conservant l’atmosphère soigneusement sombre de The Prisoner of Azkaban.
Les jeunes interprètes, Daniel Radcliffe en tête, mènent encore une fois le balai à bon port. Le jeu tâtonnant de The Philosopher’s Stone s’est lentement transformé sous nos yeux, comme la pilosité des comédiens d’ailleurs, en prestations nuancées et sincères. Avec une distribution d’acteurs aussi impressionnante, il serait tentant de blâmer les producteurs pour le peu d’importance de plusieurs personnages, mais ce serait sans compter les impondérables de réaliser un film de 2h18 d’après un bouquin de 766 pages. Tout compte fait, beaucoup de sous-intrigues qui meublaient les chapitres du livre n’avançaient pas réellement l’histoire et le choix de mettre l’accent sur Dolores Umbridge, savoureusement interprétée par Imelda Staunton (Vera Drake), est judicieux puisque son antagonisme avec Harry fait aboutir tout le récit.

- Harry (Daniel Radcliffe) et Dolores Umbridge (Imelda Staunton).
Sorti de nulle part, Yates amène avec lui une touche de sensibilité bienvenue, en conservant néanmoins l’ambiance des précédents films de la série. Dans l’immensité d’une telle production, on en vient même à se demander si le réalisateur ne fait pas davantage office de coordonnateur général avec une chaise à son nom, plutôt que de véritable créateur, tellement l’aspect stylistique de la franchise est acquis. La narration parfois un peu lente, laisse place à une certaine introspection des personnages, ce qui consolera plusieurs extrémistes littéraires, malgré les quelques raccourcis empruntés. Certains passages, qui se déroulaient sur plusieurs chapitres dans le roman, sont présentés par le biais de séquences de montage très efficaces, ce qui fait gagner un temps précieux d’installation tout en gardant les références à l’oeuvre de base.
La tâche colossale de transcription sur grand écran est finalement mieux réussie que dans The Goblet of Fire, dans lequel le rythme effréné ne permettait pas à plusieurs interrogations de trouver leurs réponses. Dans ce dernier film, les intrigues arrivent à point nommé et leur développement s’effectue sans heurt et dans la cohérence la plus totale.

- Voldemort (Ralph Fiennes).
Les puristes monteront aux barricades s’ils le veulent, mais le fait demeure que, d’un point de vu cinématographique, Harry Potter and the Order of the Phoenix est un accomplissement grandiose, subtil et précis. Depuis le départ de Columbus de la réalisation, les adaptations des romans d’Harry Potter respirent d’une personnalité propre, complémentaire à celle des livres. L’ensemble forme un univers dense et hautement divertissant, ce qui le distingue nettement de la myriade de blockbusters épais que l’été nous sert habituellement. torrent download dvd harry potter and the half-blood prince de sang-mêlé











