Hairspray

Chantons les cheveux

Est-ce que cette nouvelle version de ce culte de la comédie musicale sera en mesure de nous faire oublier l’excellence de la version originale ?

Un film de Adam Shankman avec John Travolta, Nikki Blonski, Christopher Walken, Queen Latifah et Michelle Pfeiffer, USA, 2007


Adapté du célèbre film de John Waters, le Hairspray de Adam Shankman a de quoi piquer la curiosité. Malgré une distribution pour le moins impressionnante, une question revient toutefois de façon incessante ; est-ce que cette nouvelle version de ce culte de la comédie musicale sera en mesure de nous faire oublier l’excellence de la version originale ?

La jeune Tracy Turnblad ne rêve que d’une chose ; devenir danseuse étoile dans la plus éclatée des émissions de télévision ; « The Cory Collins Show ». Toutefois, un détail nuit à ses ambitions. Bien en chair, son surplus de poids l’empêche d’être prise au sérieux dans sa démarche artistique. Pourtant, le jour vient où la chance de participer au fameux show télévisé se présente à elle. Attirant l’attention du danseur vedette de l’émission, Tracy se voit inviter à participer à un enregistrement. Du coup, cette dernière devient l’idole de tout Baltimore en se faisant le porte-étendard de tous ceux qui ne rencontrent pas les standards de perfection imposés par la société. Mais ce succès fulgurant est loin de plaire à tout le monde. Risquant de contrecarrer les rêves de grandeur de la blonde et détestable Amber, fille de la machiavélique directrice de la chaîne de télévision qui présente « The Cory Collins Show », les deux vipères se fixent l’objectif de mettre des bâtons dans les roues de Tracy afin qu’Amber puisse remporter, et ce, pour une quatrième année consécutive, le prestigieux prix de Miss Hairspray. C’est au moment où les hostilités atteignent des sommets que la jeune Tracy prend connaissance de certaines inégalités dans son patelin et prend la décision de s’investir dans une cause plus noble ; celle de l’intégration des noirs dans la communauté. Mettant ainsi sa carrière en péril, Tracy devra trouver le moyen de concilier ses idéaux à ses activités artistiques afin de pouvoir poursuivre son odyssée vers le merveilleux monde de la danse, et ce, dans un monde plus juste.

Semblant tout à fait conscient des risques que représentait l’entreprise de s’adonner au remake de cette comédie musicale culte, Shankman a mis le paquet afin de rendre son projet pertinent et original. Y allant de morceaux musicaux enlevants, de chorégraphies originales et de costumes recréant avec brio l’esprit des années 60, on peut dire que le réalisateur et chorégraphe y est allé de toute sa verve afin de faire oublier la version originale de 1988. Débutant en grande pompe avec un numéro d’ouverture digne de toutes bonnes comédies musicales, le film démarre sur une lancée énergique qu’il maintiendra tout au long de ses 90 minutes. Bien que l’on ne puisse soutenir que cette version de Hairspray redéfinit ce genre que plusieurs qualifient de désuet, il est vrai de prétendre qu’il fait plaisir de se replonger dans cet univers d’une époque qui nous colle le sourire aux lèvres.

S’entourant de plusieurs grands noms tels John Travolta, Christopher Walken, Michelle Pfeiffer, Queen Latifah et plusieurs autres, Shankman y est allé avec des valeurs sûres pour mener à bien son projet. Les coups de cœurs de cette production reviennent toutefois à Queen Latifah, qui semble tout à fait à l’aise dans le genre de la comédie musicale (pensons à Chicago), ainsi qu’à cette nouvelle venue dans le milieu, Nikki Blonski. D’un naturel et d’un charisme certain, cette dernière demeure la grande découverte du projet de Shankman et on ne peut faire autrement que de l’espérer dans une seconde production afin de confirmer ses talents d’actrice. Le point faible du casting demeure sans l’ombre d’un doute John Travolta qui incarne le rôle de Edna, la mère de Tracy. Revêtant une combinaison lui prêtant les traits d’une mère de famille obèse, ce dernier ne se fait jamais oublier, et ce, malgré tout le maquillage, le silicone et les manières trop poussées derrière lesquels il se cache. Aucunement crédible dans ce rôle préalablement campé par la célèbre Divine, les scènes auxquelles Travolta prend part sont, pour la plupart, ratées et ne font que nous rappeler que nous nous trouvons en présence d’un acteur dépassé qui imite une femme (et très mal à part ça). Cet aspect moins reluisant de la production est toutefois balayé par le reste de la distribution qui semble éprouver un plaisir évident à se trémousser devant l’objectif et à s’éloigner au maximum de l’image qu’ils ont l’habitude de projeter au grand écran.

Il est évident que le genre de la comédie musicale est moins couru qu’à une certaine époque et qu’il serait déraisonnable de nous en livrer à une fréquence trop élevée. Cependant, il fait plaisir de changer un peu d’environnement et de se laisser charmer par ce projet sympathique et rafraîchissant. Bien que le Hairpsray de Shankman n’a pas l’étoffe pour se tailler une place sur la liste des meilleures comédies musicales, ce dernier demeure un divertissement efficace qui vous fera passer un agréable moment.

Voir en ligne : Le site officiel de Comedia

samedi 21 juillet 2007, par Patricia Roy

Créé, géré, édité et bidouillé par David Lamarre. Tous droits réservés (2008)