La patience est parfois récompensée, comme le démontre cette entrevue que vous aller lire dans quelques lignes. Avant de procéder, je tiens à dire que Zviane est une personne extrêmement sympathique, d’une énergie débordante, qu’elle a coupé toutes mes phrases pendant notre conversation, qu’elle est une bédéiste jadis très prometteuse et qui remplit maintenant ces promesses, et que je vous invite chaudement à aller visiter son blogue pour avoir une idée d’où elle en est rendue avec ses dessins et ses textes. Apparence qu’il y a quelque chose qui se prépare de son côté, on parle d’une publication éventuelle mais ne vous inquiétez pas, je vous tiendrai au courant.
-Comment s’est passé la création du Point B ? Des pépins, des surprises, des remises en questions, des évolutions progressives ?
Cette bande dessinée, je l’ai réalisée en parallèle avec mes études en musique. Tout le travail a été échelonné sur trois ans et demi. Ça a d’abord été un trip de gang, parce qu’on faisait de la bande dessinée avec des potes et on sortait deux fanzines par année, dans lequel était publié la première version de l’histoire du Point B. Le projet a grossi pas mal, je me suis pas mal amélioré en BD, et entre temps, mon style de dessin a pas mal changé. Il a fallu que je tienne le même dessin du début à la fin, ça a été un peu difficile parce que j’étais rendue bien ailleurs.
-Est-ce que tu apprécies ton statut « d’auteure du point B » ?
Oui, bien sûr, c’est un album dont je suis plutôt fière pour plusieurs aspects. Une des choses qui me tenait le plus à cœur en réalisant cette bande dessinée était d’ouvrir les horizons des gens – j’ai réussi en ce sens que des musiciens interpellés par le thème et n’ayant jamais vraiment lu de B.D. se sont intéressés au genre, tandis que de l’autre côté, des lecteurs de B.D. qui ne s’intéressaient pas vraiment à la musique dite « classique » se sont mis en discuter entre eux. Seulement, j’ai hâte d’être l’auteure de plusieurs albums, pour qu’on m’associe au style qu j’ai présentement et pas à celui qu’on voit dans le Point B.
-Est-ce que tu es plus du genre à retravailler une planche sans arrêt et à préparer avec minutie tes BD ou est-ce que tu produits plutôt de manière abondante ?
L’abondance avant tout, je crois. Dessiner m’intéresse peu. Ce que j’aime, c’est raconter des histoires. Il arrive souvent que je tourne les coins ronds quand je fait une bande dessinée – surtout celles que je produis pour mon blog. Par contre, je suis aussi capable de m’appliquer sur des planches, j’ai tendance à le faire quand elles sont destinées à la publication.
-Comment as-tu pris la critique à la sortie de ton livre ?
Euh… bien… je n’ai pas vraiment eu de mauvaises critiques, alors c’est dur d’être fâchée. La critique la moins bonne que j’ai eue, c’est celle qui figure sur le site de Sep7 !... Mais c’est bizarre, parce que j’ai jasé pas mal avec le gars qui l’a écrite et il m’a semblé qu’il avait mieux saisi, ou je sais pas… mais en lisant les autres critiques de bande dessinée, je me suis aperçue que nous n’avions tout simplement pas les mêmes goûts et les mêmes critères d’appréciation – et c’est tout à fait valable.
-Te considères-tu comme une bédéiste professionnelle ?
Pas pantoute, man ! Je suis encore très attachée au monde de la B.D. amateur. Je participe à des ateliers qui font la publication de fanzines, puis j’ai plein d’amis qui ne sont pas des pros qui font de l’excellente bande dessinée… alors euh… je sais que je suis considérée professionnelle parce que j’ai publié un album, mais je resterai toujours amateur dans mon cœur !!
-en BD, as-tu une préférence pour les albums, les fanzines, les webcomics et pourquoi ?
Je lis n’importe quoi, tant que ça me touche. J’adore le contact du papier des albums et des fanzines, ainsi que le merveilleux avantage d’être mobile et de pouvoir être lu dans un autobus ou un métro. J’aime les fanzines parce que c’est fait par des trippeux, qui font leurs petites B.D. et qui les brochent soi-même, juste pour l’amour de la chose. Y a tout le temps beaucoup d’amour dans les fanzines. En ce qui concerne les webcomics, je suis une couple de blog ne bande dessinée. Ben en fait, tous supports confondus, je pense que je suis naturellement attirée par l’autobiographie. J’aime quand c’est vrai.
-L’apport des autres arts et des autres œuvres de BD est-il important pour toi ?
Mmm… comment dire… je suis musicienne, la musique vient sûrement influencer la façon avec laquelle je créée mes bande dessinées, mais je ne cherche pas à tout prix à faire les liens. Les liens viennent tout seul. En général, les arts se recoupent pas mal plus qu’on pense.
-Est-ce que tu te vois encore faire de la BD dans 10 ans, et, si c’est le cas, crois-tu que ce sera à temps plein ?
À temps plein ?!!?? Jamais de la vie !!!! Si je fais de la bande dessinée à temps plein, ça voudra dire que j’aurai sacrifié pas mal pas mal de choses et ça, je veux pas ! Si possible, j’aimerais faire mille projets à temps partiel. Dans 10 ans, si tout se passe bien, j’aurai probablement un poste d’enseignante de théorie/d’harmonie/d’analyse musicale au niveau du cégep ou de l’université, tout en continuant à faire de la bande dessinée en parallèle – et des films d’animation, et de la composition musicale, pourquoi pas !...
Question conne de dernière minute : Révèles-nous 3 choses inusitées que l’on ne sait pas à ton sujet
1. Présentement, ça me pique au pied 2. Des fois, je travaille tellement longtemps et intensément que j’oublie d’aller aux toilettes. Je le ressens illico quand je me lève de ma chaise. 3. Au secondaire, je voulais être actrice, et au cégep, je voulais être chef d’orchestre











