Qui a dit que le rôle du père n’est pas important dans le développement de l’enfant ? Qu’il soit manquant, mal intentionné ou peut-être même maladroit, l’exemple qu’il donne aura un impact majeur sur le futur adulte qu’il a engendré. Cela dit, est-ce que cet enfant devenu adulte pourra réussir où son père a failli ? Peut-il être le modèle, l’exemple à suivre, pour le jeune Jimi, 14 ans ? Car même si lui et Benoît, 32 ans, ont en commun l’absence du père, c’est plutôt le vol de voiture qu’il les réunit.
Tout irait bien si la recherche du bonheur de chacun n’allait pas à l’encontre de celui de l’autre. En fait, Jimi est jaloux du manque d’attention que lui porte son père de substitution, Benoît. Effectivement, l’attention de ce dernier étant plutôt dirigée sur les femmes qu’il croise. Et c’est à ce moment-là, à mon avis, que le film prend vraiment forme. Aussitôt qu’il rencontre Sylvie et qu’il entreprend une relation possiblement sérieuse, son ex Anne-Marie rejailli du néant et trouble l’eau de son couple.
Basé sur un scénario solide, peu original, mais criant de vérité, En plein cœur nous transporte à travers les quartiers de l’est de Montréal (Rosemont, le Plateau-Mont-Royal et surtout Hochelaga-Maisonneuve) en nous exposant une réalité peu connue. Avec justesse, les scénaristes Stéphane Géhami et Héloïse Masse nous proposent les hauts et les bas de ces deux petits escrocs sans pour autant les présenter comme de mauvaises personnes. Si les personnages avaient été mieux développés et mieux interprétés, on assisterait à du cinéma québécois de qualité.
Il est dommage, en fait, d’avoir confié le rôle important de Jimi à une nouvelle recrue. Si Julie Deslauriers et Bénédicte Décary offrent un bon soutien, sans plus, à Pierre Rivard, Keven Noël n’a pas réussi à tenir la balance de son côté. Bien qu’il ait le physique et le faciès de l’emploi, son jeu demeure boiteux. Il entraîne donc, malencontreusement, les autres personnages avec lui. Sans prestance, sans maintien, le jeu n’y est pas, comme s’il se contentait d’être une présence à l’écran qui récite des textes. C’est un premier rôle, regardons-le évoluer dans ses prochains.
Somme toute, En plein cœur est un bon film qui manque de charisme, mais qui vaut vraiment la peine d’être vu. Patrice Godin apporte beaucoup de Ne serait-ce que pour l’approche de certains sujets et surtout pour la belle leçon d’amitié.











