Day Night Day Night

L’histoire d’un dérapage

Day Night Day Night, premier long métrage de Julia Loktev et Louve d’Or du dernier Festival du nouveau cinéma, raconte les dernières heures d’une kamikaze avant le passage à l’acte.

Day Night Day Night, premier long métrage de Julia Loktev et Louve d’Or du dernier Festival du nouveau cinéma, raconte les dernières heures d’une kamikaze avant le passage à l’acte. Dès les premiers instants, le film s’annonce à la fois lent et important. On rencontre la jeune femme dans un terminal d’autobus inconnu, point de départ de la mission. Cueillie puis conduite dans un motel, elle recevra les instructions de trois hommes chargés de sa préparation. Entre les répétitions du plan et les séances de photos avec kalachnikov, elle vivra une réclusion anxieuse dont elle ne sortira qu’au moment d’être abandonnée au cœur de New York avec une bombe au dos.

Malgré quelques longueurs, la première partie intrigue et suscite le questionnement. Outre les interminables séances de coupage d’ongles et de lavage de bas culotte, les scènes sont troublantes de par leur simplicité, leur réalisme, leur silence. Admirablement interprétée par Luisa Williams, l’adolescente fragile est captivante. Probablement car aucun indice ne nous est livré sur son histoire, sur ses origines, sur sa cause et ses motifs.

Malheureusement, malgré ses belles promesses, le film dérape en deuxième partie lorsque le plan cafouille. Les longueurs s’accumulent, se succèdent et épuisent la patience. L’aura de mystère qui entoure le film s’estompe et disparaît complètement. Aucune réponse ne nous est livrée et on s’en fout. Et ne vous surprenez pas si, au final, la plus grosse explosion se produit dans la salle et se manifeste par un retentissant : « Quoi ??? »

mardi 7 novembre 2006, par Julie Roy

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