Cela faisait un moment que Dan Clowes (David Boring, Ghost world, Ice Haven) ne nous avait offert du matériel dessiné. En fait, c’était le néant depuis la parution de The Death Ray, le titre officiel du eightball numéro 23. Depuis, il a collaboré à un film tiré d’un de ses récits, Art School Confidential (qui m’avait plutôt déçu, comme ma critique en témoigne), est supposé bosser sur l’adaptation cinématographique de Death Ray et a même généré des rumeurs quant à une possible collaboration avec un certain Michel Gondry. N’empêche, Clowes est l’un de mes bédéistes préférés tout style confondu, alors je commençais à trouver que son incartade dans le milieu du cinoche avait assez duré.
Je ne crois pas que mon opinion ait eu une quelconque influence sur ce qui se passe présentement, mais Dan Clowes a enfin repris ses crayons ! Qui plus est, il nous propose un nouveau récit sous une forme dont le contexte de réception est pour le moins inusité à notre époque : le bon vieux sunday strip ! En effet, à chaque dimanche depuis 3 semaines, Clowes produit pour le compte du NY times l’équivalent d’une demi-page qui se lit de manière semi-autonome mais qui, au bout d’un nombre de semaines indéterminé, va créer une histoire de longueur moyenne !
Pour des gens de notre génération, la pratique du strip de BD quotidien ou hebdomadaire à récit continu semble rétrograde, voire impensable (qui prendrait la peine de lire à chaque jour un récit en bande dessinée publié dans un journal ?), mais je parie qu’il y a au moins une série de télévision qui vous amène à vous écraser devant un tube cathodique de semaine en semaine pendant une saison ou plus, alors le concept est moins étrange qu’on peut le penser de prime abord...
Après trois semaines, il est encore difficile de savoir où se dirige l’histoire de Mister Wonderful, mais il semble bien que Clowes soit en grande forme. Un personnage qu’on étiquette rapidement comme un perdant, mais qui va probablement se révéler être d’une profondeur qu’on ne soupçonnerait pas... Une mise en page figée dans un canevas régulier mais qui se reformule de semaine en semaine... un rythme fluide mais suspendu par les contraintes de publication... Un glissement de ton dans l’écriture qui semble indiquer que Clowes est peut-être moins impitoyablement cynique qu’il ne l’était il y a dix ans... autant de bonnes raisons de vous abonner.
La règle est claire : à chaque semaine, une nouvelle page sera mise en ligne sur le site. Ajoutez-le lien à vos favoris, allez faire un tour sur la page une fois de temps en temps, savourez la maîtrise artistique de Dan Clowes et vous aurez droit à une histoire de recherche de l’amour beaucoup plus intelligente, poignante et réaliste que Loft Story ou Occupation double...











