Heureuse coïncidence quand, au mariage de sa soeur, le personnage d’Aaron Ekhart (Thank You for Smoking et Two-Face dans The Dark Knight) rencontre et flirte avec une femme qu’il a déjà fréquentée, mais qui ne se rappelle plus de lui. Cette femme, interprétée par Helena Bonham Carter (Fight Club, Big Fish, Charlie and the Chocolate Factory), a refait sa vie en déménageant à Londres et en épousant Jeffrey the Cardiologist alors que lui sort maintenant avec 23 on August 12th, une jeune danseuse de ballet. S’ensuit une longue conversation où les deux trentenaires explorent le passé et tentent de refaire le futur. Une longue conversation, effectivement, puisque les autres personnages ─ y compris les mariés ─ n’apparaissent rarement plus d’une minute à l’écran, laissant toute la place aux deux acteurs principaux s’échanger avec justesse la réplique.

Vous commencez, tout heureux, à écouter ce film zen avec de bons dialogues, un film sans prétention et léger malgré son sujet (l’adultère) souvent traité de façon lourde et pénible (ou à l’inverse de façon insouciante et égoïste). Attention toutefois aux unilingues francophones, le film n’est disponible qu’en anglais. Bien qu’il soit soit sous-titré, je tiens à en faire la mention. Donc, une douce chanson de Carla Bruni, ex-mannequin reconvertie à la musique (elle interprète à elle seule trois des quatre chansons du film). Après quelques minutes, un élément vous agace, vous empêche de vous concentrer, d’apprécier pleinement l’écoute du film. Pas de panique, votre cerveau s’y habituera et vous en redemanderez. Exécutée de façon exceptionnelle, l’utilisation de la méthode de l’écran séparé (split-screen) pour toute la longueur du film, ajoute beaucoup de valeur au film et améliore considérablement le déroulement de l’histoire.

Visionnez à ce sujet les quelques commentaires et documentaires dans les suppléments du DVD. J’étais sceptique au début pendant le visionnement de Conversation(s) With Other Women, puis je me suis dit que de toute façon, le cerveau est habitué à faire plusieurs trucs à la fois et que dans ce cas-ci, le split-screen permet de voir le film sous deux angles différents en même temps, ce qui le rend deux fois plus intéressant. Il y a deux versions à chaque histoire, et quel bon procédé pour illustrer tout cela ! Hans Canosa, le réalisateur, explique en long et en large, les raisons qui l’ont poussé à séparer l’écran en deux pour raconter son histoire. Il décrit aussi les nombreux avantages de ce procédé si bien qu’on se demande si ça ne deviendra pas la norme. Personnellement, je n’y verrais pas d’objection !

Je me demandais, est-ce que l’odeur d’une personne, homme ou femme, change après quelques dizaines d’années de séparation ou reste-t-elle sensiblement la même ? J’aimerais bien avoir une réponse à cette question. L’odeur intime de la peau, qui ne se perçoit qu’après quelques minutes de rapprochement, est-elle modifiée par les facteurs externes comme le pays (si la personne déménage), l’alimentation, le contact avec d’autres personnes, etc. Peut-être qu’un aveugle pourrait m’en parler...
Dans le même ordre d’idée, est-il possible que deux personnes qui ont été plus ou moins proches pendant une période de temps plus ou moins brève (c’est vague, mais observez bien mon questionnement), est-il possible que ces deux personnes connectent de manière si puissante, que ces deux mêmes personnes soient tellement faites l’une pour l’autre, qu’après environ 15 ans et quelques milliers de kilomètres de séparation, ils aient choisi d’entendre la même sonnerie sur leur même modèle de téléphone cellulaire.

Ça me renverse... C’est, selon moi, la plus belle preuve que l’amour existe bel et bien.











