Avec Congorama, Philippe Falardeau nous propose de remettre de l’ordre dans une histoire savamment déconstruite. Au nombre des morceaux dispersés, il y a Michel (Olivier Gourmet), un inventeur belge en panne d’inspiration qui apprend que son père n’est pas son père ; Louis Legros (Paul Ahmarani), un ingénieur taciturne qui cherche des diamants et les plans d’une voiture électrique révolutionnaire laissés par son père disparu ; il y a le Congo, la Belgique, Ste-Cécile et un émeu. Voilà. Amusez-vous avec ça !

On prend goût à l’exercice. Malgré un départ un peu lent qui prépare cependant bien la suite. La trame du film se déploie alors avec rythme à coup de hasards et de coïncidences tout à fait improbables. Les personnages se croisent sans se voir, participent à l’histoire des autres sans savoir, se perdent et se retrouvent… Fabuleux destins que ceux de Michel et de Louis… Tout comme eux, le spectateur va de surprises en surprises et nage un bon moment en eaux troubles. Lorsqu’il émerge enfin, Falardeau prend un malin plaisir à le faire replonger. Et le jeu fonctionne.

Une fois reconstitué, Congorama est intéressant mais ne déchaîne pas les passions. La démarche pour parvenir au résultat final est divertissante mais pas nécessairement en raison de l’histoire un peu trop tirée par les cheveux. Le meilleur spectacle qu’offre le film est certainement la solide interprétation des deux personnages principaux que l’on prend vraiment plaisir à voir évoluer. En somme, Congorama est un beau casse-tête qui a peut-être un peu trop de pièces.











