Colour me Kubrick

Un film sur un gars qui se faisait passer pour Stanley Kubrick

Me suis-je fait arnaquer ?

Un film de Brian W. Cook, avec John Malkovich. Royaume-Uni / France, 2005, 86 minutes.

Colour me Kubrick (renommé Color me Kubrick pour sa sortie aux États-Unis) met en vedette John Malkovich dans le rôle d’Alan Conway, un Anglais qui s’est fait passé pour le célèbre réalisateur vers la fin de sa vie – malgré qu’il ne connaisse à peu près rien de son oeuvre. Le film s’inspire d’une histoire vraie et est réalisé et scénarisé par deux hommes ayant plusieurs fois travaillés avec le véritable Kubrick. Brian W. Cook signe sa première réalisation après avoir été assistant-réalisateur pour une quarantaine de productions et Antony Frewin a agi comme assistant personnel de Kubrick pour cinq de ses projets.

Il en résulte un film moyen, possédant quelques qualités et plusieurs défauts. Tout d’abord, il semble plus long qu’il ne l’est vraiment suite aux répétitions du pattern : Conway séduit des jeunes hommes en se faisant passer pour Kubrick afin de les amener dans son lit ; ou des hommes fortunés pour de l’argent. Le jeu de Malkovich est amusant, mais le scénario manque de contenu et de variété : il repose essentiellement sur une succession de fraudes qui se ressemblent toutes et qui mèneront à la découverte de l’imposture. La réalisation est maladroite, ce qui donne l’impression d’écouter un film amateur.

Colour me Kubrick comporte cependant des aspects intéressants. Je pense notamment à l’utilisation de clins d’œil à l’œuvre de Kubrick (reprise de plan célèbre, utilisation de la trame sonore, dialogues). Cependant, si le spectateur n’a pas vu les longs métrages en question, ces clins d’œil n’ajouteront rien au contenu et donneront uniquement une impression étrange. Les fans du remarquable cinéaste américain retireront cependant de ces moments un réel plaisir. Les projets de films inventés par le faux Kubrick sont d’ailleurs assez comiques.

Exception faite de ces bonbons tendus aux connaisseurs, Colour Me Kubrick ne vaut pas vraiment la peine d’être vu. Ce n’est pas qu’il soit mauvais… c’est seulement qu’il est vraiment moyen.

lundi 18 février 2008, par Sébastien Trudel

Créé, géré, édité et bidouillé par David Lamarre. Tous droits réservés (2008)