C’est le temps de mourir

...et quelqu’un, quelque part, a sauté par-dessus un requin en ski nautique

Jack, Jack, Jack... tu aimes vraiment ça te mettre dans la merde ! Aller te foutre dans le pétrin dans une ambassade russe, te faire torturer un peu (pourquoi pas) et désarmer ton assaillant avec une ceinture. Le fait que tu sois mort 4 fois en donnait un bon indice, mais cette passe loufoque a clairement établi ce qu’on savait déjà : tu as des super-pouvoirs !

On sait que ça va mal pour une série quand les gros rebondissements, qui arrivaient à raison d’une fois par épisode dans la première saison, se produisent maintenant entre chaque pause publicitaire. On sait que c’est pire quand on prend les meilleurs personnages (et meilleurs acteurs) de la série précédente pour les réintégrer de force à la série. Rejet de greffe ? Je viens de voir Martha Logan poignarder un ex-président, pour l’amour de Dieu !

Oui, c’est un véritable nazi fou qui est maintenant président des états-unis (je me doutais bien qu’un président noir n’allait pas passer la série au complet sur ses deux jambes). Oui, il s’apprête à déclencher une guerre contre un pays arabe, avec les résultats qu’on connaît puisque notre cowboy de président américain actuel l’a fait 2 fois jusqu’à présent. Oui, les russes rebelles vont encore faire péter un coin de la Californie. Oui, le yab’ est aux vaches au CTU pour la 120e fois en 5 jours et demi. Mais franchement, je m’en fous de plus en plus.

C’est certain qu’on ne peut pas prendre au sérieux une série campée dans un univers tellement fictif qu’un président noir a été élu à deux reprises. Quand même, les fans de 24 étaient indulgents à cet égard, premièrement parce qu’au fil des saisons les critiques ouvertement lancées envers la politique étrangère américaine avaient quelque chose de jouissif, mais aussi et surtout parce que se claquer une série de télé en 3 jours (comme le font une légion de fans dès la sortie du coffret DVD) permet de laisser de côté de nombreuses incohérences, sous le coup de l’énervement et du visionnement effrené.

Mais quand même, y a des limites à faire dur. L’expression "Jumping the Shark" s’applique à une émission TV lorsque vous avez l’impression, comme téléspectateur, que le point de non-retour a été atteint, que, par la suite, le reste ne peut être que médiocre en comparaison de ce qui s’est fait auparavant (voir liens plus bas). J’avais l’impression que 24 s’épuisait depuis un bon moment (Kim et un certain cougar...), mais la qualité de la cinquième saison m’a permis de reprendre espoir. Or, quand Martha a poignardé son ex-mari, vraiment, ça a été le moment-clé de surréalisme.

Je vais me taper le reste de la série, juste pour finir le blog et pas me faire tabasser par mon rédacteur en chef, mais il va falloir pas mal plus de Jack à l’écran pour que je mne e mette pas à vilipender sans arrêt les scénaristes qui font une job horrible sur cette saison.

Jack’s kill count : peut-être 8, j’ai perdu le compte, mais pas assez c’est certain.

Pour en savoir plus sur "Jumping the shark" :

Un article Wikipedia qui explique l’origine de l’expression.

Un site américain qui compile les votes des téléspectateurs pour savoir si une série est sur le déclin.

La fameuse séquence où Fonzie "saute le requin" sur Youtube.

mardi 13 mars 2007, par Gabriel Tremblay Gaudette

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