Byootipool Seondei

Beautiful Sunday

Comment sortir un éléphant d’un chapeau...

Écrit et réalisé par Jin Kwang-Kyo avec Park Yong-Woo, Nam Koong-Min et Min Jee-Hye.

Le détective Kang semble être un policier sans reproches. Pourtant, avec le concours de la mafia locale, il dérobe de la drogue lors de saisies importantes. L’argent qu’il touche sert pour les soins infirmiers de son épouse plongée dans un profond coma. De son côté, Min-woo est un étudiant timide qui voue un amour secret pour une femme qui demeure près de chez lui. Cependant, suivant la jeune fille un soir pluvieux, celui-ci commet l’irréparable : le viol. Ne sachant lui-même comment expliquer son acte, il essaie tant bien que mal de vivre avec cette tache, jusqu’à ce qu’il recroise son objet de désir dans les rues bondées de la ville. Hantés par leur secret respectif, les deux hommes apprendront qu’ils peuvent cacher leurs passés, mais aucunement y échapper.

La production coréenne Beautiful Sunday explore les abîmes profonds de l’âme humaine avec ses deux personnages encastrés dans des situations sans issues. Pourtant, ce qui devait nous diriger vers un film introspectif sur le jugement moral de certains actes, tombe complètement à plat pour ne faire mouche qu’avec sa finale. Ainsi, si le dénouement impose une révélation aussi subite que foudroyante, le reste de l’intrigue s’assemble tellement mal que l’on s’épuise bien avant le générique. Cette histoire ne renforce qu’une situation malencontreuse, mais presque normale quand on est un policier corrompu, et ne prend aucune direction avec le personnage de Min-woo qui fait office de vignette. Les fautes narratives et les absences temporelles donnent un résultat qui s’apparente plus à deux chaussettes dépareillées qu’une fin très courte réussit à agencer, tout en nous faisant abandonner tout intérêt pour un visionnement entier. Dommage que le scénario et la réalisation n’ait pu exploiter une idée aussi prometteuse.

Beautiful Sunday réserve une apothéose inattendue qui prendra par surprise le plus aguerri des spectateurs. Il vous faudra cependant, une dose de ténacité supplémentaire pour se rendre jusqu’à celle-ci.

vendredi 18 juillet 2008, par François Petitclerc

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