Avril

Religieuse et fabuleuse

Avril fait sourire par sa simplicité naïve. Pour apprécier ce film, il faut consentir à quitter le monde du réel et à voguer vers celui du fantasme.

Un film de Gérard Hustache-Mathieu avec Sophie Quinton, Clément Sibony, Nicholas Duvauchelle et Miou-Miou. France, 95 min.

Avril (Sophie Quinton) coule une existence paisible et pieuse dans le couvent de religieuses où on l’abandonna à la naissance. La blanche jeune fille se promène candidement dans ce sombre univers, s’accordant occasionnellement le pêché de dessiner des fleurs dans un cahier. Au moment d’entamer une retraite purificatrice, elle apprend l’existence de son frère jumeau et se lance clandestinement à sa recherche. C’est le début d’une grande escapade qui la mènera sur une plage de Camargue où elle rencontrera la vie et perdra la tête. Encouragée par son frère gai (Clément Sibony) et son copain, ainsi que par un vendeur de peinture tout droit sorti d’un compte de fée (Nicholas Duvauchelle), Avril n’hésitera pas un instant à expérimenter un nouveau style de vie. En quelques jours, la jeune nonne passe de la soutane à la robe yéyé, se met à boire à la bouteille, à se baigner nue dans la mer et à se peinturer les seins en rose. Rarement le cinéma nous aura offert un « défroquage » aussi réussi.

Avril fait sourire par sa simplicité naïve. Pour apprécier ce film, il faut consentir à quitter le monde du réel et à voguer vers celui du fantasme. Il faut accepter qu’une âme esseulée puisse, du jour au lendemain, être entourée d’une famille unie et d’un amoureux transi. Il faut s’efforcer de croire que Roméo et Juliette n’appartiennent pas plus au mythe que les génies « exhausseurs » de vœux et que les princes charmants. Si vous ne pouvez relever le défi, vous n’y verrez qu’un récit complètement absurde.

vendredi 13 avril 2007, par Julie Roy

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