Vous, franchement, est-ce que vous achèteriez un film qui présente juste des extraits des œuvres d’un réalisateur ? Pas sûr. Est-ce que vous feriez la même chose pour des extraits de BD ? Encore moins ? Pourquoi ? C’est quoi votre problème ? Vous me trouvez fatigant ? Peut-être ? C’est probablement parce que j’ai aucune foutue idée pour l’introduction de ma critique…
La réputée maison d’éditions Yale University Press vient de faire paraître une nouvelle anthologie de la bande dessinée américaine appelée An anthology of Graphic Fiction, cartoons, & true stories. Dans le reste de ma critique, je vais y faire référence sous le nom de Graphic Fiction parce que je suis pas trop un fan des ampoules sur les doigts depuis que j’ai arrêté de jouer à Tony Hawk Pro Skater il y a plusieurs années. L’imposant ouvrage de 400 pages à la couverture rigide a plusieurs points positifs. Premièrement, la compilation d’extraits d’œuvres des années 70 jusqu’à nos jours est une excellente manière de découvrir des artistes d’époques et de provenances différentes. Deuxièmement, on y retrouve des raretés difficile à trouver, dont des hommages à Charles Schultz (l’auteur de Peanuts, mettant en vedette Snoopy, Charlie Brown et les autres) de Art Spiegelmann et de Chris Ware. Troisièmement, on dirait qu’à chaque fois que la maison YUP décide d’éditer quelque chose ils se défoncent pour que ce soit magnifique. Finalement, et surtout, un gros bouquin dans sa bibliothèque ça paraît toujours bien devant la visite, surtout quand c’est édité par la prestigieuse université Yale.

On en a vraiment pour tous les goûts là-dedans. Ça implique forcément qu’on ne peut pas tout aimer, mais on a pas tout ce qu’on veut dans la vie et si vous chiâlez c’est parce que vous êtes des éternels insatisfaits et j’endosse pas votre problème chronique. Graphique Fiction fait autant dans le comique que dans le philosophique, dans le hyper-stylisé que dans le brouillon. C’est peut-être plus une manière de faire du repérage que de lire des histoires complètes, mais ça vaut le coup d’œil. La table des matières présente les auteurs avec des petits dessins plutôt que par leur nom, ce qui est une sacrée bonne idée, et à la fin de l’ouvrage on trouve une courte biographie pour chacun des artistes présentés dans le volume.
Les artistes n’ont pas une part égale de l’œuvre. Il est un peu décevant de voir que des personnes plutôt reconnues comme Robert Crumb ou Art Spiegelmann ont droit à une trentaine de pages, alors que d’autres qu’on découvre, comme Bill Griffith ou John Porcelino, n’ont droit qu’à quelques pages. Aussi, certains des bédéistes, comme Adrian Tomine ou Chester Brown, ont autant fait des récits courts que des romans graphiques, alors il aurait peut-être été préférable de choisir des histoires courtes plutôt que d’offrir des extraits plus longs d’œuvres qui gagnent à être lues dans leur entièreté. Autre point négatif, l’ouvrage ne compte que très peu de textes explicatifs. Mis à part l’introduction de Ivan Brunetti, un court essai de Schultz sur la création de comics strips et un extrait d’entrevue avec Daniel Clowes, on ne présente que des BD. Peut-être qu’on déplore l’absence de textes précisément parce que ceux-ci sont excellents, mais une vingtaine de pages de plus n’aurait pas nui à l’ensemble.
Comme petit extra, on retrouve sur l’ouvrage une superbe jaquette dessinée par Seth, l’auteur de It’s a good life if you don’t weaken. Seth y va de quelques remarques sur la bande dessinée américaine et présente des extraits d’entrevue avec Schultz et Crumb. La jaquette a aussi le chic de recouvrir une couve










