Angel-A

Un peu...

Un réalisateur qui nous a déjà épatés nous offre une fable facile, mais belle.

Un film de Luc Besson, avec Jamel Debbouze et Rie Rasmussen. France, 2005, 88 min.

Un réalisateur qui nous a déjà épatés nous offre une fable facile, mais belle.

Sans être totalement inintéressant, Angel-A, l’avant-dernier film de Luc Besson (il a promis de s’arrêter à dix et c’est son neuvième), ne dérange pas beaucoup nos habitudes. Jamel Debbouze (Astérix & Obélix : Mission Cléopâtre) y incarne André, un truand menteur et peureux, qui se retrouve au bout du rouleau et sans le sou devant des créanciers déterminés à se faire rembourser. Quand il décide d’en finir avec ses jours en se jetant en bas d’un pont, il est devancé par une belle grande blonde scandinave (Rie Rasmussen), qu’il se sent obligé de secourir. Angela, la rescapée, décide de lui venir en aide à son tour, et règle ses problèmes les uns après les autres avec une facilité déconcertante. André mettra du temps à comprendre (plus longtemps que moi du moins), mais Angela n’est pas tombée du pont par hasard ; elle est plutôt tombée du ciel pour lui montrer la beauté de la vie (où à défaut, nous montrer la beauté de Paris). Mais il se trouve que la svelte mannequin est aussi en quête d’un sens à son existence. Vous devinez sûrement qui va l’aider, non ?

Filmé en noir et blanc dans le seul but de rajouter un charme envoûtant à la ville, Angel-A est essentiellement un beau film. On croirait assister à un show de diapositives des plus belles photos de Paris commandité par l’agence du tourisme français, tellement l’architecture et les sites historiques y sont omniprésents. Mais ça fonctionne plutôt bien ; la direction photo est éblouissante.

Le problème avec ce dernier Besson, c’est la banalité du récit. Les histoires d’ange gardien ne manquent pas (Wings of Desire, City of Angels, Michael, etc.), et le twist de la top-modèle salope ne rafraîchit pas vraiment. Même si Rasmussen dégage une présence intéressante, elle ne fait office que de faire-valoir dans ce film, qui n’est somme toute, qu’un véhicule pour Debbouze l’humoriste. On le retrouve, égal à lui-même, dans son personnage habituel qui bafouille et ouvre grands les yeux, qui insulte et se sauve quand la situation dérape. Malgré un côté un peu trash à la Nikita dans le traitement et le rythme, Besson se fait vieux et bascule rapidement dans les bons sentiments. Les thèmes abordés sont d’une simplicité navrante (apprendre à s’aimer, être authentique, ne pas avoir peur) et les situations ne sont pas assez cocasses ou intenses pour rehausser la sauce.

Angel-A, est un film un peu drôle, un peu touchant, un peu moralisateur, un peu facile et un peu oubliable. Bref, c’est simplement un peu bon. On espérait plus du chevronné Luc Besson, le réalisateur des perles que sont Nikita, Léon et The Fifth Element (je n’inclus pas Le Grand Bleu dans cette liste, pour des raisons personnelles). Dommage. Beau dommage, mais dommage tout de même.

mardi 26 décembre 2006, par Charles-Louis Thibault

P.-S.

J’ai dû me dépêcher à écrire cette critique, par peur d’oublier complètement de quoi il était question tellement le propos est insipide.


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